Erratum : pas de Bouzouki à la Pépinière de Pau le 29 avril

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Bertsu franco-grec sur l’Adour : de la lyre crétoise au bouzouki avec le groupe Errebetiko Ρεμπέτικο στην Χώρα των Βάσκων

Au Kalostrape (Petit Bayonne). Harmonium indien et bouzouki grec avec Txomin et Niko.

Au Kalostrape (Petit Bayonne). Harmonium indien et bouzouki grec avec Txomin et Niko.

Pas de doute, c'est du grec...

Pas de doute, c’est du grec…

Ambiance. Ca chantait grec et basque, au son du bouzouki. Ils sont fous ces Basques.

Ambiance. Chants en grec et impros en basque, au son du bouzouki. Ils sont fous ces Basques.

A la darbouka, Xan. Au chant, Christine et les autres.

A la darbouka, Xan. Au chant, Christine et les autres.

Ce soir-là, Bayonne s’écrivait Μπαγιόν.

Il était tard, sur l’Adour.
Aux pieds du pont, quatre Crétois mélancoliques,
régénéraient nos oreilles.
Ne viens pas partager ta tristesse.
Puisque tu fais commerce de ton âme, donne moi
l’énergie de ta transe crétoise.
Enfin la lyre devenue folle, la danse de vie,
les pieds qui
cognent l’estrade même quand le son s’arrête,
donne moi ces notes qui viendront emporter
ce que je veux laisser partir.
Excuse-moi, Crétois, de te demander encore,
ce qu’on attend toujours de toi.
Mais toi seul sais.
Tac, tacatacatacatac, Tac.

Ce fut chose faite quand dans un recoin nous
entendîmes l’homme au chapeau, parler grec dans le public.
Milas Ellinikà ?
Venez avec nous au bar basque, nous jouons du Rébétiko.
Il était tard, sur l’Adour.
Mais comment refuser une gentille invitation.
Et qui sont-ils, ces gens qui prétendent avoir l’âme un peu grecque ?
Acceptons.
Au petit Bayonne, dans ce bar, on n’entendait parler que l’Euskara.
Niko vint là, avec son Bouzouki. Txomin avec son harmonium indien.
Christine, son carnet de chansons, en caractères grecs.
Leur amie avec son sourire, Xan sa percussion, et l’homme au chapeau noir, avec lui-même.
C’était le chef d’orchestre, l’agent, le conteur.
Ils jouaient de la musique, du chant et lui se jouait des mots.
Quand Niko fit son taximi on se regarda.
On comprit qu’on ne se moquait pas de nous.
Txomin activé à son soufflet d’une main, à son clavier d’une autre.
D’un sourire tranquille et d’un rythme assuré, la Darbouka de Xan continue
d’ameuter du monde.
Christine chante, on se croirait dans un café égéen.
Et pourtant. C’était grec mais c’était basque.
Et ce n’était pas triste.
Prête-moi ton bouzouki, Niko, que je joue quelques notes cassées moi qui ne sais pas jouer.
Voici Txomin qui se lève, se plie en deux, balaie l’air de ses bras.
On ne rêve pas.
Reprends ton instrument, l’ami.
Ton son gréco-basque est nôtre, et il est autre.
Vous ne savez pas avoir l’air vraiment sombres.
C’est votre pudeur, et votre grandeur.
Rébètes enthousiastes, simples comme ce coin de terre pyrénéenne.
Fluide et claire, votre vitalité baptise
les sons trop graves de l’Orient.
Le jeu de nos amis provoque une noctambule.
Elle vient joindre ses « Jotas » au trois-cordes de Niko.
Encouragée par notre chef d’orchestre.
Navarre, Labourd et utopie grecque.

On se regarde. Où sommes-nous au juste?
A la frontière de quelque chose.
Où tout est exactement comme cela doit être.
Il est temps de partir, nous avons de la route à faire.
En Béarn, on ne nous croira pas.

C’est ainsi que sur les bords de l’Adour, un concert de musique crétoise* enregistré, sauf erreur, par Radio France* se transforma en soirée gréco-basque.

Errebetiko nous offrait ses fulgurances nocturnes.

Il en reste encore une trace chez ceux qui étaient là.

C’était il y a déjà quelques temps.

On apprend qu’ils existent toujours.

De source sûre, cette petite bande hétéroclite devrait se manifester prochainement au grand jour, dans une composition légèrement différente. Espérons-le ! Avec cette façon à eux de faire du Rébétiko.

Un élan vital insufflé même au coeur des chansons noires.

Le mélange avec les voix basques du public, totalement improvisées, détonnait.

Loin des interprétations larmoyantes trop « premier degré » qui abondent ces dernières années. Qu’ils ne changent rien, surtout.

Le Rébétiko est plus fort quand il prend du recul sur la mélancolie à laquelle il est tant associé.

Et cela, nos compères basques savent le faire mieux que quiconque.

En attendant qu’Errebetiko ne se dévoile, sachez que deux de nos amis forment le groupe Frikun.

Patientez, donc. Et profitez !

 

Frikun par Frikun. https://www.youtube.com/watch?v=kxyVRA2Jf9g

Siga Siga emeki poliki (lien bandcamp). Par Frikun.

 

A noter dans l’album de Frikun, le clin d’oeil grec du titre « Siga siga emeki poliki »  (« siga », « doucement » en grec – « emeki » en basque) : https://frikun.bandcamp.com/track/siga-siga-emeki-poliki

Frikun par Frikun. https://www.youtube.com/watch?v=kxyVRA2Jf9g

Arrêtez mal palé (lien Youtube). Par Frikun.

PL

Petit lexique maison :

– Rébétiko : style musical des Grecs des deux rives de la mer Egée (voir Rébétiko, la mauvaise herbe sur philiki.org https://philiki.org/2013/07/22/rebetiko-la-mauvaise-herbe-2/)

– Bertsu : chant d’improvisation  basque.

– Euskara : langue basque.

– Jota : danse et chant traditionnels de certaines régions d’Espagne, que l’on retrouve dans certaines régions bascophones (Navarre).

– Taximi : en musique grecque et orientale, petit morceau instrumental, autonome ou intégré dans une chanson, souvent en introduction d’un plus grand morceau (définition maison).

– Trois-cordes : l’une des deux versions du bouzouki grec, à trois doubles cordes (l’autre est à quatre doubles cordes).

* Sur la soirée crétoise qui précéda ce mémorable concert et le quatuor de Stélios Pétrakis : https://philiki.org/2015/10/12/concert-de-musique-cretoise-a-bayonne-le-vendredi-16-octobre-2015/

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Les Crétois de Stélios Pétrakis se produisaient ce soir-là à Bayonne dans le cadre du festival HAIZEBEGI. Luth, lyre et danse.

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Les questions de Milinda – la rencontre des Grecs et du Bouddhisme Οι ερωτήσεις του Μιλίντα – Η συνάντηση των Ελλήνων με τον Βουδδισμό

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Le Milinda-panha, ou « Questions de Milinda », relate les dialogues du roi indo-grec Ménandre Ier (Μένανδρος) et du moine bouddhiste Nagasena.

Il fait partie des textes canoniques du bouddhisme, et occupe une place importante dans le bouddhisme theravada.

Sa diffusion s’est étendue jusqu’en Chine et au Japon (voir « Les versions chinoises du Milindapañha », Paul Demiéville, Bulletin de l’Ecole française d’Extrême-Orient  Année 1924  Volume 24  Numéro 1  pages 1-258 – http://www.persee.fr/doc/befeo_0336-1519_1924_num_24_1_2986).

Plusieurs traductions en ont été publiées en français, dont une, résumée et abordable, aux éditions Gallimard dans la collection « Connaissances de l’Orient », à partir du pâli. Une langue ancienne de l’Inde qui sert encore de langue liturgique dans le bouddhisme theravada (« Milinda-panha – Les questions de Milinda », traduit, présenté et annoté par Louis Finot, préface d’Edith Nolot, ISBN 2-07-072730-0, 145 pages, Gallimard, Paris 1992).

Le nom de « Milinda » est l’adaptation en pâli de « Ménandre » (à ne pas confondre avec le dramaturge du même nom). Dans le texte pâli, les Grecs sont désignés sous les termes « les Yonakas ». A rapprocher des « Ioniens », une des peuplades grecques de l’antiquité installée, notamment, en Asie mineure. Son nom est encore souvent utilisé par les peuples orientaux pour désigner les Grecs – par exemple sous la forme « Yauna » puis « Younan » en persan,  « Yavan » en hébreux, « Yavana » en sanskrit, un terme passé en arabe où la Grèce se dit « al-Yūnān » et en turc sous la forme « Yunanistan ».

C’est d’ailleurs ainsi que commence le Milinda-Panha, dans la traduction de Louis Finot : « Il y avait chez les Yonakas, une cité nommée Sâgâlâ » (Sâgâlâ, capitale du roi Ménandre Ier, est le nom d’une ville aujourd’hui dénommée  Sialkot  dans le Pakistan actuel).

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Monnaie antique de Bactriane (région recouvrant surtout l’actuel Afghanistan). A gauche, le roi grec Ménandre I, tête nue. A droite, Athéna en armes. Argent : Drachme ; 2,39 g. Appartient à l’ensemble documentaire : MonnGre Identifiant : ark:/12148/btv1b8550914t Source : Bibliothèque nationale de France, département Monnaies, médailles et antiques, R 3681.350 – un clic pour agrandir

Le texte débute par la description de la capitale du roi Ménandre, puis par celle du roi lui-même. Celui-ci demande : « Y a-t-il quelque sage, ascète ou brahmane, chef d’ordre ou de groupe, maître d’un groupe d’élèves, même adepte du bienheureux Buddha, qui puisse causer avec moi et résoudre mes doutes ? ». Aucun maître à penser ne parvient à répondre à ses incessantes interrogations sur le bien, le mal, la vie, la mort ou la renaissance. On amène au roi, après de longues et vaines recherches, le bonze Nagasena.

Il s’en suit un dialogue très imagé par lequel le moine répond aux interrogations de Ménandre, qui demande souvent  : «  Donne moi une autre comparaison. » Bref c’est un peu « le bouddhisme  pour les nuls », version ancienne.

Certains chercheurs pensent que ce dialogue n’a peut-être jamais existé. Et que la figure du roi grec, ou ses questions, ne sont qu’un moyen d’illustrer l’enseignement des grands principes bouddhistes – une sorte d’outil pédagogique.

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Monnaie antique de Bactriane. A gauche, le roi Ménandre I casqué. A droite, la déesse Athéna en armes. Drachme ; 2,46 g. Appartient à l’ensemble documentaire : MonnGre.  Identifiant : ark:/12148/btv1b8510969p Source : Bibliothèque nationale de France, département Monnaies, médailles et antiques, R 3681.375 – un clic pour agrandir.

Ce qui est certain c’est que le roi Ménandre Ier est bien réel. Il aurait régné entre 163 et 95 avant J.-C.. Il était connu des  historiens grecs Plutarque (1) et Strabon (2)(3). Il est cité dans les textes des peuples de l’Inde. Son effigie figure sur les pièces de monnaie frappées sous son règne souvent accompagnée, sur l’autre face, de la déesse Athéna (à ce propos, voir Bopearachchi Osmund. « Découvertes récentes de trésors indo-grecs : nouvelles données historiques.» In : Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 139ᵉ année, N. 2, 1995. pp. 611-630, DOI : 10.3406/crai.1995.15500 – www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1995_num_139_2_15500 – et Bopearachchi Osmund. « L’apport des surfrappes à la reconstruction de l’histoire des Indo-Grecs.» In : Revue numismatique, 6e série – Tome 164, année 2008 pp. 245-268 – DOI : 10.3406/numi.2008.2853 – www.persee.fr/doc/numi_0484-8942_2008_num_6_164_2853).

On oublie souvent que la présence grecque en Asie ne s’est pas  arrêtée avec les conquêtes d’Alexandre le Grand. D’autres successeurs d’Alexandre le Grand sont plus connus  que Ménandre (Ptolémée – Ptolemaios / Πτολεμαῖος   –  en Egypte, Séleucos – Σέλευκος prononciaton grecque moderne Sélefkos – fondateur de l’Empire séleucide en Perse et en Syrie, Lysimaque –  Lysimakhos   / Λυσίμαχος – en Thrace, Antigone le Borgne – Antigonos Monophtalmos /  Ἀντίγονος Μονόφθαλμος  – en Asie mineure, Cassandre en Macédoine – Kassandros /  Κάσσανδρος). Mais des rois grecs fondèrent des dynasties et régnèrent aussi progressivement en Bactriane (les royaumes gréco-bactriens s’étendaient dans une région située entre l’Hindū-Kūsh et l’Amou-Daria, qui englobait entre autres l’Afghanistan actuel) et en Inde du nord, à cheval sur quatre siècles. Les royaumes indo-grecs auraient parfois poussé leurs conquêtes jusqu’au Penjab et même au-delà.

Le dialogue de Milinda n’est pas la seule évocation de l’installation des Grecs dans la région.

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Extrait du livre d’Alfred Foucher : « L’art gréco-bouddhique du Gandhâra : étude sur les origines de l’influence classique dans l’art bouddhique de l’Inde et de l’Extrême-Orient » . 1905 – un clic pour agrandir

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Extrait du livre d’Alfred Foucher : « L’art gréco-bouddhique du Gandhâra : étude sur les origines de l’influence classique dans l’art bouddhique de l’Inde et de l’Extrême-Orient ». 1905 – un clic pour agrandir

Selon plusieurs chercheurs, c’est également à l’influence grecque que l’on attribue une des premières représentations physiques du Bouddha, voir même selon certains, la toute première représentation humaine du Bouddha, aux environs du début de l’ère chrétienne.

Avant cela le Bouddha était représenté par des Symboles, comme la roue du Dharma ou Dharma-chakra, ou la trace des pas de Bouddha. Ces représentations humaines de Bouddha ne seraient pas apparues immédiatement après l’arrivée des Grecs, mais plus tard. Du point de vue artistique, il s’agit d’un art mixte parfois qualifié de gréco-bouddhique ou indo-grec, ou encore d’art du Gandhara, ou d’art de l’Orient hellénisé, fusionnant les styles de plusieurs civilisations (dont celle des Kouchan). (4)

Ces dénominations ne sont pas nécessairement équivalentes et font l’objet de controverses de spécialistes. La recherche semble en constante évolution sur ce sujet.

La représentation humaine du Bouddha serait née du besoin des Grecs convertis au Bouddhisme de représenter le Bouddha comme ils en avaient l’habitude avec les Dieux, demi-Dieux ou héros grecs.

Pris d’enthousiasme, un auteur est allé jusqu’à écrire que « les Bouddhas japonais apparaissent encore de nos jours sous les traits apolloniens et drapés dans des vêtements aux plis antiques » (Paul Chalus en introduction de l’édition de 1972 de « L’impérialisme macédonien et l’hellénisation de l’Orient » de Pierre Jouguet, Editions Albin Michel, 1972, page 10).

Le précurseur des ces recherches est un Français, Alfred Foucher, qui publia en 1905 « L’art gréco-bouddhique du Gandhâra : étude sur les origines de l’influence classique dans l’art bouddhique de l’Inde et de l’Extrême-Orient ». (4) (5)

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Alfred Foucher : « L’art gréco-bouddhique du Gandhâra : étude sur les origines de l’influence classique dans l’art bouddhique de l’Inde et de l’Extrême-Orient » . 1905 – un clic pour agrandir

Vous ne regarderez plus tout à fait les statues de Bouddha de la même façon…

Notes :

1) Selon Plutarque : « un roi de la Bactriane nommé Ménandre, qui régnait avec beaucoup de modération, étant mort dans son camp, les villes de ses États firent ses funérailles en commun ; elles se disputèrent les restes de son corps, et ce ne fut qu’après de longs débats qu’elles convinrent enfin d’en emporter chacune une portion égale, et de bâtir autant de monuments pour les y renfermer » – Plutarque, œuvres morales, Traduction de Ricard, Paris 1844 tome IV. Selon Edith Nolot dans sa préface de la traduction de Louis Finot, ceci ferait écho à « un cliché bouddhique extrêmement répandu à propos du partage des reliques du Bouddha et des disputes qui s’en suivirent. »

2) Strabon cite Apollodore d’Artémite  qui fait une description très élogieuse (et un peu exagérée) des conquêtes de Ménandre : « La Bactriane, dont la frontière septentrionale borde l’Arie sur une certaine longueur, dépasse de beaucoup cette contrée dans la direction de l’E. Elle a une étendue considérable et un sol propre à toutes les cultures, celle de l’olivier exceptée.  Grâce à ses immenses ressources, les Grecs qui l’avaient détachée [de l’empire des Séleucides] devinrent bientôt tellement puissants qu’ils purent s’emparer de l’Ariane et de l’Inde elle-même, au dire d’Apollodore d’Artémite, et que leurs rois, Ménandre surtout (s’il est vrai qu’il ait franchi l’Hypanis et se soit avancé vers l’E. jusqu’à l’Imaüs), finirent par compter plus de sujets et de tributaires que n’en avait jamais compté Alexandre, grâce aux conquêtes faites tant par Ménandre en personne que par Démétrius, fils du roi de Bactriane Euthydème. »  « Géographie de Strabon » Livre XI Chapitre XI Traduction d’Amédée Tardieu, Paris 1867 (libre de droits, disponible en ligne) Tome 1.

3) Les rencontres indo-grecques de l’antiquité continuèrent d’avoir des échos dans la littérature grecque à l’ère chrétienne, au Moyen âge – à l’époque byzantine. Certains ouvrages ont fait l’objet de traductions récentes en langue française, ou de rééditions, parues aux éditions Anacharsis ou aux éditions Les Belles Lettres (égratignant encore une fois au passage  la caricature négative que l’on se fait souvent du monde intellectuel byzantin), notamment :

– le traité « Sur les peuples de l’Inde et les Brahmanes » (« Περὶ τῶν τῆς Ἰνδίας ἐθνῶν καὶ τῶν Βραχμάνων ») de l’évêque Palladios (4ème siècle après J.-C.) : un large passage de cette œuvre a fait l’objet d’une interpolation dans le roman byzantin « Histoire merveilleuse du roi Alexandre maître du monde » ; on y lit les dialogues d’Alexandre le Grand avec des « Brahmanes », en fait ici des ermites indiens nus, notamment le maître à penser Dandamis. Chacun y interroge l’autre sur son mode de vie et sa conception du monde (« Histoire merveilleuse du roi Alexandre maître du monde », traduction du grec en français Corinne Jouanno, 2009, Anacharsis éditions, 332 pages, ISBN 978-2-914777-50-6 – pages 162 et suivantes) ; voir aussi la version parue aux Editions Les Belles Lettres « Alexandre le Grand et les Brahmanes – Palladios d’Hélénopolis : Les Moeurs des Brahmanes de l’Inde et anonyme : Entretiens d’Alexandre et de Dindime », Pierre Maraval, 2016, Les belles Lettres, 122 pages, ISBN-10 2-251-33979-5) ;

« L’Inde », oeuvre assez improbable de Ctésias, un médecin grec prisonnier du roi perse Artaxerxès II, avant les conquêtes d’Alexandre le Grand : les notes de lecture que fit de ce texte le patriarche grec orthodoxe Photios, au 9ème siècle après J.-C., dans sa « Bibliothèque » ont été publiées avec trois autres notes portant sur trois autres ouvrages, sous le titre « Les codices du merveilleux » traduction de René Henry (1910-1978) aux éditions Anacharsis, (2002, 132 pages, ISBN 2-914777-03-5).

4) Pour un documentaire vidéo : « Gandhara, l’envol du bouddhisme » dans la série « Eurasia : À la conquête de l’Orient » d’Alain Moreau et Patrick Cabouat (coproduction NHK, TV5, 2004).

5) Les Grecs influenceront des domaines aussi inattendus que l’astrologie indienne. On trouve en particulier des traces de cette influence dans un texte sanskrit, le « Yavanajataka« , ou « Horoscopie des Grecs », qui emprunte des éléments à l’astrologie grecque. Le Yavanajataka a été traduit en anglais en 1978 par David Pingree (David Pingree, « The Yavanajātaka of Sphujidhvaja », Harvard Oriental Series, Vol. 48, Cambridge : Harvard University Press, 1978).
Les origines précises du Yavanajataka font l’objet de discussions universitaires. Certaines publications à ce sujet sont disponibles sur Internet.

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La littérature grecque sur Internet – livres audio, livres libres de droits, commandes en ligne Η Ελληνική λογοτεχνία στο Διαδίκτυο – ομιλούντα βιβλία, βιβλία ελεύθερα πνευματικών δικαιωμάτων, παραγγελίες στο Διαδίκτυο

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Les Mémoires du Général Makriyannis ont fait l’objet d’une traduction en français de Denis Kohler, parue aux Editions Albin Michel. Elles ont aussi été diffusées en livre audio (en grec)

Livres audio en français

Ecouter l’Iliade, plutôt que de la lire, c’est revenir aux sources de l’épopée.

Les gens de lettres considèrent en général qu’elle a été transmise par la parole, avant d’être fixée par écrit. On se plait à s’imaginer, accourant vers l’aède pour l’entendre chanter la colère d’Achille… Plus prosaïquement, des « livres lus » sont aujourd’hui assez facilement accessibles sur Internet.

Pour la langue française il y a par exemple l’association « Des Livres à Lire et à Entendre », qui diffuse une lecture de la traduction de l’Iliade par Leconte de Lisle (1866) :

https://www.youtube.com/watch?v=0lSYxgnFLSw

Les oeuvres lues par ces bénévoles sont mises en ligne sur Youtube et répertoriées sur le site http://www.litteratureaudio.com/.

L’association diffuse ainsi plusieurs textes majeurs de la littérature grecque classique.

Livres audio en grec

Pour l’apprenti helléniste, il n’est pas dépourvu d’intérêt d’écouter en suivant le texte écrit. Quand on parle grec, cela n’est pas sans intérêt non plus.

L’équivalent pour la langue grecque serait le site isobitis.com

Celui-ci nécessite une inscription, assez simple à obtenir. Il suffit de se rendre sur l’onglet « Ομιλούντα βιβλία (Audiobooks) Υπηρεσία με εγγραφή », d’inscrire son mail et son pseudonyme, et d’attendre quelques jours que l’administrateur du site vous envoie le mail de validation. Une fois le mail reçu, il faut de choisir un mot de passe (créé pour l’occasion de préférence). Toutes les instructions sont ici (en grec) : http://isobitis.com/book/odigies.html

Si tout cela vous paraît compliqué, rassurez-vous : nombre de livres audio présents sur isobitis.com le sont aussi sur Youtube (en cherchant par exemple les mots « ομιλούντα βιβλία » ou un titre d’ouvrage – libre de droits bien sûr – dans le moteur de recherche de Youtube).

On y retrouve l’Iliade dans une adaptation en grec moderne lue par les actrices du Théâtre national de Grèce. Cette lecture ne recueille pas tous les suffrages, disons-le (le texte y semble noyé dans le jeu vocal des actrices – les goûts et les couleurs…). Difficile de savoir  si l’adaptation est libre de droits, pas sûr.

Vous craquerez en revanche pour la lecture des Mémoires du Général Makriyànnis – Τα απομνημονεύματα του Στρατηγού Μακρυγιάννη – disponibles en grec sur Youtube dans plusieurs versions, dont il est très difficile là aussi de savoir si elles sont libres de droit bien que le texte, qui date du 19ème siècle, le soit (nous attendons la réponse de la télévision publique grecque à ce sujet, et ferons en sorte d’en rendre une accessible depuis le blog en cas de réponse positive). Ce chef de guerre analphabète, orphelin d’un père tué par les bandes turco-albanaises, apprend à écrire à la fin de sa vie, afin de rédiger ses mémoires. Sa langue est un grec simple et populaire. Il livre un témoignage très vivant, très cru, de la guerre d’indépendance grecque (1821-1829). Il n’épargne personne, y compris dans son propre camp. On y lit la situation d’insécurité permanente dans laquelle était plongé le Péloponnèse sous domination ottomane, la misère qui conduisit sa mère à l’abandonner avant de se raviser, les efforts de certaines familles pour échapper aux rapts de femmes par les dignitaires ottomans locaux, les batailles de la révolte grecque, les actes d’héroïsme ou de bassesse provoqués par la guerre, cette époque où « être Grec » se disait « être Romain », « devenir Turc » (« τουρκεύω ») signifiait simplement « devenir musulman », où les alliances fragiles et contradictoires se succédaient, où l’idéalisme et l’héroïsme des patriotes grecs sincères étaient mis à mal par les groupes de brigands, par l’appât du gain des élites locales, ou par leur soumission aux puissances étrangères.  On découvre aussi cet éveil culturel. Voyant que  des guerriers grecs souhaitaient vendre à des étrangers deux statuettes antiques, le chef de guerre leur dit : « N’acceptez pas qu’elles quittent notre patrie. C’est pour cela que nous combattons. » Makriyannis nous prévient dès le début : nous n’avons le droit de juger ses écrits que si nous les avons lus jusqu’au bout ! Dont acte.

Soyez vigilants sur ces sites, et évitez les ouvrages récents ou les traductions récentes : en principe ils/elles ne sont pas libres de droit. Il est dur de vivre de son art, encore plus en Grèce. Achetez-les :

Librairies et bibliothèques en ligne

Il existe des librairies grecques en ligne tout à fait sérieuses et respectueuses de leurs clients, telles que :

La librairie IANOS

https://www.ianos.gr/

La librairie Politeia Βιβλιοπωλείο Πολιτεία

https://www.politeianet.gr/

Il y en a d’autres bien sûr (merci de nous les signaler en commentaire le cas échéant).

En général, les petites librairies font bien leur travail. Dans tous les cas il peut être utile de ne pas se contenter d’une commande en ligne et de privilégier le contact humain, le courriel ou le téléphone, pour s’assurer de la disponibilité des ouvrages. Il arrive que certaines librairies en ligne ne mettent pas immédiatement à jour leur site internet, qui ne reflète pas toujours l’état des stocks. Vous risquez alors de voir votre ouvrage arriver aux calendes (grecques bien sûr). Cette précaution vous évitera quelques mésaventures.

Les traductions françaises d’auteurs grecs contemporains mériteraient un sujet à part entière. Les indexer serait un travail de bénédictin. Et puis, il n’est plus aussi difficile de les trouver que par la passé, Internet aidant : qui cherche trouve. Il faut saluer l’effort de quelques éditeurs français qui, outre les auteurs grecs les plus connus (comme Pétros Markaris) publient des auteurs plus atypiques.

Voir par exemple la sélection de la librairie « Ombres blanches » à Toulouse :

http://www.ombres-blanches.fr/dossiers/litterature-poesie-theatre/litterature-traduite/litterature-grecque-contemporaine.html

Ou des franc-tireurs comme Babis Plaïtakis, dont les romans historiques font leur petit bonhomme de chemin dans le monde entier (« Le Greco et Le Grand Inquisiteur », AlterEdit, 2005, « Alcibiade l’Enfant terrible de la Grèce », L’Harmattan, 2012).

Enfin pour les livres libres de droits, notre choix se porte sur la librairie en ligne de l’Université de Crète, « Anémi », avec la recherche par mots du titre ou par auteur :

http://anemi.lib.uoc.gr/

Parmi ses joyaux, l’épopée médiévale de Digénis Akritas, traduite en français, disponible ici :

http://anemi.lib.uoc.gr/metadata/a/e/6/metadata-149-0000033.tkl

Et pour certains classiques, et sa simplicité d’utilisation, la bibliothèque en ligne du site Myriovivlos.gr :

http://www.myriobiblos.gr/

Voir aussi :

Découvrir la littérature grecque grâce à Emile Legrand

https://philiki.org/2016/08/18/decouvrir-la-litterature-grecque-grace-a-emile-legrand/

PL

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« On écrit sur les murs » grecs… Γράφουμε στους τοίχους

« Messages sur des murs ».

En grec « συνθήματα σε τοίχους » / « synthImata se tIkhous ».

C’est le nom, tout simple, de ce blog, original mais tout aussi simple, qui reproduit les tags ou les graffs à messages des murs grecs :

https://synthimata-se-toixous.blogspot.fr/

Seul inconvénient, pour les apprécier, il faut parler grec…

Ils y sont classés par ville, ou par catégorie.

Αναρχικά – Αντιεξουσιαστικά : anarchistes – anti-pouvoir
Αντιφασιστικά : antifascistes
Αστεία : amusants
Ερωτικά : amoureux (plutôt « qu’érotiques », comme on serait tenté de le traduire)
Θρησκεία : religion
Facebook : Facebook
Κοινωνικά : sociaux/sociétaux
Κομματικά – Πολιτικά : partisans / politiques
MME : Médias
Μπάτσοι : Flics
Οπαδικά : de supporters
Ο,τι να ναι : n’importe quoi
Πατριωτικά : patriotiques
Ποιητικά : poétiques
Τοίχος : mur
Τράπεζες : banques
Φοιτητικά : étudiants
Χριστουγεννιάτικα : de Noël
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Les préoccupations d’une génération.

Le témoignage d’une époque.

Avec du bon, du moins bon, et du génial.

Echantillons.

PL

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Sagesse ancienne : les 71 Vers d’or de Pythagore, quelques principes de vie à méditer Αρχαία σοφία : τα 71 χρυσά έπη του Πυθαγόρα

Dans l'édition de Chalkokondilis de la Souda, le dictionnaire encyclopédique grec du Moyen âge, les articles sur Pythagore et les Pythagoriciens s'étalent sur environ  trois pages.

Dans l’édition de Chalkokondilis de la Souda, le dictionnaire encyclopédique grec du Moyen âge, les articles sur Pythagore et les Pythagoriciens s’étalent sur environ  trois pages. Ils reprennent, outre divers éléments biographiques ou théoriques, les « symboles » de Pythagore, ensemble de conseils sous forme de paraboles, distincts des vers dorés.

Les textes grecs anciens regorgent d’une sagesse accessible à l’esprit critique, sans médiateur.

Même quand ils n’abordent pas directement les cultes divins ou la philosophie, il proposent souvent un mode de vie, une éthique propre à alimenter notre réflexion d’hommes et de femmes en quête de repères. Et ils sont là, à portée de main.

Il y a bien sûr l’Iliade et les oeuvres qui en dérivent, dont les valeurs de courage, de combativité, d’honneur, d’intelligence, d’affirmation de soi, de sacrifice, de devoir, ont longtemps formé la colonne vertébrale de toute éducation grecque (même après l’antiquité – lire à ce propos l’article d’Oumar Sankharé, « Homère à Byzance », in revue Ethiopiques numéro 53 http://ethiopiques.refer.sn/article.php3?id_article=204)…

Si l’Iliade est un peu la bible des anciens, d’autres textes nous sont parvenus, plus courts, et en apparence plus faciles à lire : ce sont ces listes de maximes, de sagesses, d’apophtegmes, de commandements, de sentences, qui circulent depuis plus de deux millénaires. Comme les 147 « Apophtegmes des sept sages de la Grèce » parmi lesquels on repère quelques « Maximes delphiques ». Difficile d’en diffuser ici une traduction en français déjà publiée, libre de droits et « prête à l’emploi ». Des traductions françaises elles-mêmes tirées de traductions en latin des originaux grecs, souvent mêlées de commentaires peu fidèles, ont été publiées depuis la renaissance ; elles sont peu satisfaisantes et dans certaines éditions, les commentaires sont confondus avec les maximes elles-mêmes. Des essais de traduction récents circulent sur Internet. Ainsi que de nombreuses adaptations en grec moderne, largement diffusées, notamment sur les sites néo-païens (chercher « Αποφθέγματα των επτά σοφών », « Παραγγέλματα των επτά σοφών », « Των Επτά Σοφών Υποθήκαι », ou « Δελφικά παραγγέλματα » sur un moteur de recherche).

Ci-dessus : Les Apopthegmes des Sept sages de la Grèce, tels qu’ils auraient été rapportés par Démétrios de Phalère : Solon, Chilon, Pittacos, Thalès, Bias, Cléobule, Périandre le Sage. Et les 147 maximes des Sept sages dont la compilation est attribuée à Sosiades, recueillies par l’écrivain grec Stobée dans son « Anthologie » (5ème siècle). Extraits de l’édition de  Thomas Gaisford ΙΩΑΝΝΟΥ ΣΤΟΒΑΙΟΥ ΑΝΘΟΛΟΓΙΟΝ Joannis Stobaei Florilegium Vol 1 – 1823 – pages 94 à 100.

Il y a aussi les « Vers d’or » (ou « Vers dorés ») attribués à Pythagore (en grec ancien : Πυθαγόρου Χρυσά έπη, en grec moderne Τα χρυσά έπη του Πυθαγόρα). Au nombre de 71, ou 72 avec le titre.

Ces maximes n’ont jamais vraiment cessé de circuler dans les milieux intellectuels grecs.

Au 9ème siècle après J.-C., dans sa « Bibliothèque » (Myriovivlos), le Patriarche orthodoxe grec Photios écrit qu’il a lu les « Extraits, Sentences et Préceptes » regroupés par Stobée / Ιωάννης Στοβαίος quatre siècles plus tôt, qui contiennent les commandements des Sept sages (voir la traduction accessible sur le site remacle.org http://remacle.org/bloodwolf/erudits/photius/stobee.htm). Pythagore a, lui aussi, continué d’alimenter les bibliothèques grecques y compris au Moyen âge. Toujours dans sa « Myriovivlos », Photios écrit qu’il a lu une « Vie de Pythagore » dont il ne précise pas l’auteur (« Ἀνεγνώσθη Πυθαγόρου βίος. »). Plus loin il ajoute :  « les Pythagoriciens proclament que tout est nombre et que le nombre parfait est Dix. On obtient le nombre Dix en ajoutant dans l’ordre les quatre premiers chiffres ; c’est pourquoi Dix est appelé Tetrachtys. » (traduction extraite du site http://remacle.org/bloodwolf/erudits/photius/pythagore.htm – pour en savoir plus sur la Myriovivlos, voir : https://philiki.org/2015/10/14/la-myriovivlos-un-panorama-de-lectures-grecques-9eme-siecle-mise-a-jour/). La Souda, le dictionnaire encyclopédique grec du Moyen âge, l’évoque également (voir l’illustration supra).

On attribue à Manuel Khrysoloras (1355-1415) ou à Ianos Laskaris (1445-1535), le « Gnomologikon », une compilation qui regroupe notamment, les apopthegmes des Sept sages et les vers d’or de Pythagore. En 1760, Spyridon Vlandis, un lettré d’origine grecque né à Venise, le fait publier dans une version qui sera rééditée plusieurs fois ; on en trouve certains exemplaires sur la toile (pour une édition vénitienne de 1830 des « ΓΝΩΜΙΚΑ ΜΟΝΟΣΤΙΧΑ ΤΟΥ ΧΡΥΣΟΛΩΡΑ – Γνωμολογικόν περιέχον τα κατά Αλφάβητον γνωμικά μονόστιχα του Χρυσολωρά », chercher « ΓΝΩΜΙΚΑ ΜΟΝΟΣΤΙΧΑ ΤΟΥ ΧΡΥΣΟΛΩΡΑ » sur AnEmi, la bibliothèque en ligne de l’Université de Crète http://anemi.lib.uoc.gr/search/).

Pythagore de Samos. Extrait de la couverture de

Pythagore de Samos. Extrait de la couverture de « La vie de Pythagore, ses symboles, ses vers dorez (sic) et la vie d’Hiéroclès, » tome premier, par M. Dacier, Paris 1706.

Si Pythagore nous est connu dès l’école primaire pour son théorème, son courant de pensée recouvre tout à la fois un aspect purement rationnel, logique, une sagesse, et une forme de mysticisme, qu’il appartient à chacun d’intégrer, ou pas, dans son approche du pythagorisme. Les Pythagoriciens auraient constitué des cercles réservés à quelques initiés, se dotant de grades et de rites d’intégration. Leur mode de vie aurait été marqué par une certaine éthique, des pratiques philosophiques, spirituelles, et même une forme de régime végétarien.

Les « Vers d’or » ne résument pas toute la pensée pythagoricienne. Et leur véritable auteur n’a pas été déterminé avec certitude.

Mais ils fournissent quelques principes de vie à méditer, et forment une synthèse assez équilibrée qui ne néglige ni le corps, ni la vie en société.

Voici deux traductions des Vers d’or de Pythagore, tirées d’éditions des 18ème et 19ème siècles. Les rappels historiques qui les précèdent dans ces ouvrages peuvent paraître dépassés ou sujets à discussion. Les traductions conservent leur charme :
– une traduction publiée en 1706, avec le texte grec (in « La vie de Pythagore, ses symboles, ses vers dorez et la vie d’Hiéroclès, tome premier, par M. Dacier », Paris 1706), et une typographie d’époque, avec ce que cela implique en terme de difficulté de déchiffrage pour un lecteur contemporain ;
– une seconde en vers publiée en 1813 (in «Les vers dorés de Pythagore, expliqués et traduits pour la première fois en vers eumolpiques français », par Fabre-d’Olivet, Paris et Strasbourg, 1813), dans un français et une typographie plus accessibles, mais sans la numérotation claire de la version de Dacier.

On regrettera l’usage du terme « Jupiter » à la place de « Zeus ». L’habitude d’utiliser les noms latins des dieux à la place des noms grecs a longtemps prévalu en Europe occidentale, même quand il s’agissait de traduire des textes grecs.

Les traductions sont ici regroupées sous un seul fichier au format pdf : planches_versdoresphiliki

Ou page par page, en version jpg :

« Les vers d’or de Pythagore ». Traduction de Dacier (cliquer pour agrandir)  :

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« Les vers d’or des Pythagoriciens ». Traduction de Fabre-d’Olivet (cliquer pour agrandir) :

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La doctrine attribuée aux Pythagoriciens (5ème siècle avant J.-C.) est largement commentée par les philosophes plus tardifs, dont Aristote (4ème siècle avant J.-C.). Elle est évoquée par certains écrivains chrétiens, parmi lesquels des « Pères de l’Eglise » comme le Grec Clément d’Alexandrie (2ème-3ème siècles après J.C.), dans ses « Stromates », où il compare divers systèmes philosophiques. On retrouve des éléments de la biographie de Pythagore et de ses disciples, à prendre avec précaution, dans divers ouvrages antiques qui sont parvenus jusqu’à nous. On cite souvent les « Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres » (« Βίοι και γνώμαι των εν φιλοσοφία ευδοκιμησάντων » ou « Βίοι φιλοσόφων ») de Diogène Laërce / Διογένης Λαέρτιος – ouvrage écrit au 3ème siècle de notre ère, soit sept siècles après la période supposée de la vie de Pythagore, avec tout ce que cela implique d’inexactitudes, de projections, ou d’inventions créées au fil du temps. Ou encore les oeuvres de Jamblique (Iamblicos / Ιάμβλιχος), plus tardivement, aux débuts du 4ème siècle après J.-C.. Après la mort de Pythagore, ses disciples diffusent sa pensée. Parmi eux, les plus célèbres sont Théano, qui selon certaines approches, aurait été sa femme, ou encore Lysis de Tarente et Philolaos de Crotone.

Le Tétraktys. Image Wikimedia Commons

Les vers 47 et 48 des Vers dorés évoquent le « Τετρακτύς », traduit par « Tétraktys » ou « Tétrade », ou parfois par « quaternaire » (« (…) par celui qui a transmis dans notre âme le sacré quaternaire, source de la nature, dont les cours est éternel » – taduction Dacier, voir infra).

Ces quatre lignes (de un, deux, trois et quatre points) forment un triangle – le total des points formant le nombre 10. Il ressort des fragments retrouvés des Pythagoriciens qu’ils donnaient de ces nombres et des rapports entre ces nombres une valeur à la fois arithmétique, symbolique (le 10 symbolisant par exemple la perfection), musicale (ils définissent l’harmonie) et qu’à leurs yeux, ceux-ci fondaient d’une certaine façon, l’ordre du monde.

En 1776, en introduction de sa traduction des Vers d’or, le Français Dacier écrivait  : « Les Pythagoriciens ont donné sur le serment civil des préceptes admirables, qui s’accordent si parfaitement avec ce qu’enseigne la Religion Chrétienne, qu’on ne peut douter que le décalogue ne leur ait été connu.. » On peut douter que Pythagore ait connu le décalogue. Et voir dans cette affirmation de Dacier une tentative de ne pas être accusé de tourner le dos à la religion chrétienne, dominante dans la société de son époque. Cependant quitte à faire l’impasse sur tel ou tel passage, la proposition qui se dégage des Vers d’or des Pythagoriciens s’adapte volontiers à tous les contextes, et apporte encore sa petite pierre à l’édifice.

PL

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Astérix et Obélix : le coming out Αστερίξ και Οβελίξ : το coming out

Petite enquête sur les mœurs de « nos ancêtres les Gaulois », de « nos cousins les Germains » et de certains autres, vues par les auteurs anciens.

Les mœurs des Grecs de l’époque classique – et dans une moindre mesure celles des Romains – ont fait couler beaucoup d’encre.

Plus particulièrement la question de la sexualité. Et plus encore de la « bisexualité » ou de « l’homosexualité » dans ces sociétés plutôt patriarcales, « machistes », et guerrières.

On y projette souvent un regard totalement déformé, et des concepts modernes empreints d’anachronismes.

Qu’en était-il des mœurs des autres Européens de l’époque ? Des Celtes, et en particulier de ceux que l’on a appelé « les Gaulois » ? Quid des Germains ? Des Goths ? Des Romains ?

De tous ces peuples, seuls les Romains ont laissé leur propre témoignage écrit de leurs moeurs. Dans l’antiquité les autres n’ont pas, ou peu, écrit (et pas à ce sujet)…

On n’a d’autre choix pour les connaître que de se référer aux auteurs anciens venus d’ailleurs.

Les Celtes et les Germains

Plusieurs auteurs de langue grecque, latine ou syriaque, originaires des quatre coins du monde grec ou de Méditerranée, ont évoqué ce thème. Leurs écrits s’étalent sur environ sept siècles, de l’époque classique jusqu’à l’époque romaine incluse et aux débuts du christianisme.

Si l’on en croit ces textes, « l’homosexualité » ou plutôt la « bisexualité » semble avoir été considérée comme chose banale et courante chez les Celtes. Et dans une moindre mesure, chez les Germains.

A noter, toutefois, que lorsque ces textes évoquent les « Celtes », ils font référence à un ensemble de peuplades s’étendant sur un territoire bien plus vaste que ce que l’on a appelé « la Gaule ». La même remarque vaut pour les Germains.

Voici quelques extraits traduits du grec, ainsi qu’un extrait traduit du syriaque et un autre traduit du latin, jamais enseignés sur « nos ancêtres les Gaulois ». (1)

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Pour Aristote (le philosophe grec du 4ème siècle av. J.-C., originaire de Stagire en Chalcidique – Macédoine – membre de l’Académie de Platon et précepteur d’Alexandre le Grand) :

« Le législateur voulait que la cité [de Sparte] tout entière fût un modèle de tempérance. Il a réussi quant aux hommes. Quant aux femmes, le but est entièrement manqué ; elles vivent dans la licence; elles se livrent à tous les excès du luxe et de l’intempérance. Par une conséquence naturelle, les richesses sont en honneur dans un pareil gouvernement, surtout si les hommes y ont un grand penchant pour les femmes, penchant qui est assez ordinaire parmi les peuples guerriers, si vous exceptez les Celtes et quelques autres nations, qui préfèrent l’amour du sexe masculin. »

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Source : Aristote, la Politique. Traduction du grec en français de Champagne revue et corrigée par M. Hoefer. PARIS, 1843.

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Selon Diodore de Sicile (voyageur, érudit, historien et chroniqueur grec du 1er siècle av. J.-C., originaire de Sicile), évoquant des Celtes :

« Quoique leurs femmes soient belles, ils ont très peu de commerce avec elles, mais ils se livrent à la passion absurde pour le sexe masculin, et couchés à terre sur des peaux de bêtes sauvages, ils ont d’habitude à chaque côté un compagnon de lit. Mais ce qu’il y a de plus étrange, c’est que, au mépris de la pudeur naturelle, ils prostituent avec abandon la fleur de la jeunesse. Loin de trouver rien de honteux dans ce commerce, ils se croient déshonorés si l’on refuse les faveurs qu’ils offrent. »

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Source : Diodore de Sicile. Traduction du grec en français de Ferd. Hoefer. « Bibliothèque historique » Tome deuxième, livre V. Paris, 1846.

Autre traduction :

« Quoique leurs femmes soient parfaitement belles, ils ne vivent avec elles que rarement, mais ils sont extrêmement adonnés à l’amour criminel de l’autre sexe et couchés à terre sur des peaux de bêtes sauvages, souvent ils ne sont point honteux d’avoir deux jeunes garçons à leurs côtés. Mais ce qu’il y a de plus étrange, c’est que sans se soucier en aucune façon des lois de la pudeur, ils se prostituent avec une facilité incroyable. Bien loin de trouver rien de vicieux dans cet infâme commerce, ils se croient déshonorés si l’on refuse les faveurs qu’ils présentent. »

Source : Diodore de Sicile. Traduction de l’abbé Antoine Terrasson. « Histoire universelle » Tome premier, livre V. Paris, 1737.

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Pour Strabon, géographe et historien grec du 1er siècle av. J.-C, originaire du Pont (région appartenant désormais à la Turquie actuelle) :

« Tout le monde sait que les Gaulois aiment les disputes ; on sait également que chez eux les jeunes gens se prostituent, sans que cela soit regardé comme une action honteuse. »

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Source : Strabon. Traduction du grec en français de de la Porte du Theil. « Géographie » Tome second, livre IV chapitre IV. Paris 1809.

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Claude Ptolémée, astronome, astrologue et géographe grec des 1er et 2ème siècles après J.-C., né en Egypte, explique par l’astrologie l’indifférence pour les femmes qu’il attribue aux peuplades de Germanie et de certaines régions celtiques d’Europe, entre autres.

En voici une traduction en anglais (nous n’avons pas eu la possibilité de diffuser une traduction française libre de droits) :

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Source : Tétrabiblos (ou Tétrabible) de Claude Ptolémée. Traduction anglaise publiée par James Wilson sous le titre « The Tetrabiblos ; or Quadripartite of Ptolemy, being fourbooks relative to the starry influences. » Londres 1822. Editeur / Imprimeur : William Hugues, Inslington-Green. Pages 64-65.

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Selon Athénée :

« Les Celtes qui, de tous les Barbares, ont les plus belles femmes, préfèrent l’amour des garçons ; de sorte que plusieurs en ont souvent deux couchés avec eux sur les peaux où ils reposent. »

Ce passage d’Athénée est très proche du texte de Diodore de Sicile.

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Source : les Deipnosophistes (ou « Banquet des savants »), d’Athénée de Naucratis, livre XIII. Traduction du grec en français de Jean-Baptiste Lefebvre de Villebrune. « Banquet des savans [sic] par Athénée ». Tome cinquième, livre XIII. Paris 1791.

Athénée était un érudit, écrivain et grammairien grec des 2ème et 3ème siècles après J.-C., originaire de Naucratis (ville fondée par des Grecs en Egypte).

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Passons à Bardesane, philosophe et poète chrétien de langue syriaque des 2e et 3ème siècles après J.-C., originaire d’Edesse dans le nord de la Syrie antique (ville appartenant désormais à la Turquie et dénommée Sanlirfa – en turc – ou Riha – en kurde).

Selon lui :

« Cependant, dans le nord, dans le pays des Germains et dans ceux qui se trouvent dans le voisinage, les jeunes garçons, beaux de figure, remplissent auprès des hommes le rôle de femmes. Ils célèbrent aussi des cérémonies de mariage, et cela n’est pas considéré chez eux comme un déshonneur, parce que leur loi le permet ainsi. Cependant il n’est pas possible que tous ceux qui habitent la Gaule, et qui sont ainsi flétris par ce vice honteux, soient nés pendant que Mercure était en conjonction avec Vénus dans le signe de Saturne, dans les limites de Mars, et dans les signes du Zodiaque à l’Occident. Car les hommes qui sont nés sous cette influence sont déshonorés, est-il écrit, et traités comme s’ils étaient des femmes. Les lois des Bretons. — Chez les Bretons, beaucoup d’hommes n’ont qu’une seule femme. »

Pour expliquer les mœurs, Bardesane refuse le déterminisme climatique, ou le déterminisme astrologique de Ptolémée :

« Ainsi, le Destin n’oblige pas les Sères à ne pas commettre d’homicide, quand ils n’en ont pas le désir, ni les Bralimines à manger de la chair.
Il n’empêche pas non plus les Perses d’épouser leurs filles et leurs soeurs, ni les Indiens d’être brûlés, ni les Mèdes d’être dévorés par les chiens, ni les Bretons de prendre des hommes en guise de femmes, ni les Édesséniens d’être chastes, ni les Grecs de s’adonner à la gymnastique, ni les Romains de conquérir toujours des provinces, ni les Gaulois de se marier entre eux. Il ne force pas non plus les Amazones à élever leurs enfants mâles ; et la naissance n’oblige aucun être sur la surface du monde, à cultiver l’art des Muses. Mais, comme je l’ai dit, dans chaque pays et chez chaque peuple, tous les hommes agissent selon le Libre Arbitre de leur nature, comme ils l’entendent, et sont soumis au Destin et à la Nature, à cause du corps qui les enveloppe, tantôt selon leur volonté et tantôt contre leur gré. »

En effet Bardesane évoque le libre arbitre et montre plus loin, que devenir chrétien modifierait les mœurs ; c’est tout le sens de sa démonstration. Il porte un regard différent sur les générations de chrétiens de ces mêmes contrées. Selon lui, ils ont mis fin aux pratiques en vigueur chez eux jusqu’alors :

« Que dirons-nous alors de notre nouvelle génération, nous qui sommes chrétiens, et que le Messie a établis dans chaque contrée et dans chaque pays? Car n’importe où nous habitons, nous sommes tous désignés par le seul nom du Messie, — chrétiens ; et au jour qui tombe le premier de la semaine, nous nous réunissons, et nous jeûnons durant les jours fixés [par la loi]. Et nos frères qui sont en Gaule ne prennent pas des mâles pour femmes ; ceux qui habitent la Parthie ne prennent pas deux épouses ; ceux qui sont en Judée ne se circoncisent plus, et nos soeurs qui demeurent chez les Gèles et les Caschans n’ont pas de relations adultères avec les étrangers (…).
Mais n’importe où ils résident, n’importe en quel lieu ils se trouvent, les lois du pays ne les séparent point des lois de leur Messie, et le caprice des gouverneurs ne les oblige point à faire usage des choses qui leur paraissent impures. »

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Source : « Pseudo-Bardesane » « Le livre de la Loi des Contrées ». Traduction depuis le texte syriaque publiée par Victor Langlois in « Collection des historiens anciens et modernes de l’Arménie ». Pages 86, 89 et 92-93.

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Autre auteur chrétien, Eusèbe Pamphile de Césarée, était évêque de Césarée maritime (actuel Israël), grec ou d’expression et de culture grecques. Il a vécu aux 3ème et 4ème siècles après J.-C..

Il paraît se fonder sur la même source que Bardesane et nous dit :

« Chez les Gaulois, les jeunes hommes épousent des jeunes hommes en toute liberté, ils ne regardent pas cela comme un crime, parce que c’est chez eux une coutume : supposera-t-on qu’à la naissance de chaque Gaulois qui se souille d’une pareille infamie Vesper fût couché avec Mercure dans le séjour de Saturne et dans les limites de Mars? Dans la Bretagne, plusieurs hommes n’ont qu‘une seule femme ; »

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Source : Eusèbe Pamphile de Césarée, « Préparation évangélique ». Traduction du grec en français parue dans le recueil de traductions intitulé « Démonstrations évangéliques de Tertullien, Origène, Eusèbe [et nombreux autres] », Petit-Montrouge, 1843. Page 712.

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Selon Ammien Marcellin, immense historien du 4ème siècle après J.-C., né à Antioche (Syrie antique, ville appartenant désormais à la Turquie), ancien militaire, de langue latine bien que probablement d’origine grecque :

« Un infâme libertinage a tellement gangrené cette indigne race des Taïfales, que chez eux, dit-on, l’usage contraint les adolescents à prostituer aux plaisirs des hommes faits la fleur de leur jeunesse, et que nul d’entre eux ne peut se rédimer de cette immonde servitude, avant d’avoir pris, sans aide, un sanglier à la chasse, ou terrassé, de ses propres mains, un ours de grande taille. » [les Taïfales étaient un ensemble de peuplades germaniques]

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Source : Ammien Marcellin LIVRE XXXI. Traduction depuis le texte latin publiée par M. Nisard in « Collection des auteurs latins ». Paris, 1869. Page 360.

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Selon Sextus Empiricus, philosophe sceptique et médecin grec du 2ème siècle après J.-C. (et dont on ne sait presque rien si ce n’est ses textes, écrits en grec) :

« Chez nous, par exemple, c’est une chose non seulement honteuse, mais encore criminelle, de s’abandonner à la pédérastie ; mais on dit que cela n’est point honteux chez quelques peuples d’Alemagne [sic] ou de Germanie. »

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Source : « Esquisses pyrrhoniennes » ou « Hypotyposes pyrrhoniennes » de Sextus Empiricus. Traduction publiée par Huart sous le titre « Les hipotiposes ou institutions pirroniennes » (sic) de Sextus Empiricus.. Paris, 1725. Page 392.

On le voit à travers les textes de Sextus Empiricus et de Diodore de Sicile : loin des clichés, eux-mêmes condamnent une pratique dont on aurait pu penser qu’elle provoquerait chez eux, au pire, l’indifférence.  Tacite vantait, lui, la « châsteté » des Germains, et on interprète un passage de ses « Moeurs des Germains » comme la preuve qu’ils noyaient les personnes « accusées » de relations homosexuelles dans des bourbiers (« Oeuvres complètes » de Tacite traduites en français avec une introduction et des notes par J. L. Burnouf – Paris,  librairie de L. Hachette et Cnie, 1869,   « Moeurs des Germains » XII page 629). Ainsi pour le monde grec comme peut-être pour le monde germanique, il est difficile de tirer des seuls textes des généralités, portant qui plus est sur toutes les régions et toutes les époques.

La plupart des auteurs français des 18ème ou 19ème siècle et du début du 20ème siècle, semblent ressentir quelque crispation à la lecture de ces textes. Ils rivalisent d’érudition et de dialectique pour les décrédibiliser, et rejeter l’idée que l’homosexualité ou la bisexualité aient pu exister chez les Celtes et en particulier chez les Gaulois – ou chez les Germains. Il n’est presque pas un passage qui ne soit commenté en ce sens dans les éditions françaises de ces oeuvres. Autres temps, autres approches…

L’un des premiers à compiler en France, et à diffuser à grande échelle ces références à la sexualité des Gaulois (du moins les extraits d’oeuvres des auteurs anciens), fut le celtologue Henry Arbois de Jubainville, dans son ouvrage « La famille celtique : étude de droit comparé » (Paris 1905, pages 187 à 199 dans un chapitre intitulé «  les Gaulois étaient-ils pédérastes ? »). Henry Arbois de Jubainville y use de tous les arguments pour tenter de « défendre » les Gaulois contre ce qu’il qualifie « d’accusation ».

Toutefois, il finit par mettre en perspective cet aspect de la vie des Gaulois, en tentant de prouver qu’il n’en allait pas très différemment dans le monde gréco-romain et même dans le monde sémitique. Il note que Jules César a évité d’en parler dans sa « Guerre des Gaules ». Il suppose que c’est parce qu’il était lui-même en proie à des moqueries à Rome, étant surnommé « la reine de Bithynie » ou « la rivale de la Reine » et faisant les frais des chansons paillardes scandées par ses propres légionnaires. Celles-ci nous sont rapportées par Suétone en raison de la relation supposée de Jules César avec Nicomède III, roi de Bithynie : « Voyez, César triomphe aujourd’hui parce qu’il a mis sous lui la Gaule. Nicomède ne triomphe pas, bien qu’il ait mis sous lui César » – ibid pages 189 et 190. Ce que peut sous-entendre Arbois de Jubainville, c’est qu’il aurait été délicat pour César d’aborder ce sujet alors qu’il s’adresse aux élites romaines – lesquelles, semble-t-il, n’acceptaient officiellement que les pratiques homosexuelles du partenaire s’inscrivant dans un rapport de domination (voir infra).

Dans son « Amour et sexualité chez les Celtes » Jean Markale écrit : « d’après de nombreux récits épiques irlandais ou gallois, on peut affirmer que la bisexualité n’était nullement considérée comme une perversion, mais comme quelque chose de normal aussi bien pour les femmes que pour les hommes. » Les propos de Jean Markale, qui cite ses sources, ne concernent pas uniquement l’antiquité mais aussi la période médiévale (« Amour et sexualité chez les Celtes », Jean Markale, Les Editions du Relié, 2005 ISBN 2-914-916-64-7 – page 60 ; on retrouve d’ailleurs au moins une des légendes médiévales auxquelles Markale fait référence chez H. d’Arbois de Jubainville – « La famille celtique : étude de droit comparé », Paris 1905, pages 183 et 185).

L’hypothèse d’une pratique « indo-européenne» archaïque…

Plus récemment, les textes anciens sur la sexualité des Celtes et des Germains ont été diffusés au grand public dans un ouvrage parfois controversé de Bernard Sergent, « L’homosexualité initiatique dans l’Europe ancienne » (Payot, 1986, 297 pages ISBN-10: 2228141305 – ISBN-13: 978-2228141307).

En substance, Bernard Sergent émet la théorie que ces couples guerriers sont une caractéristique des sociétés indo-européennes primitives, où le jeune homme subit l’initiation d’un guerrier d’âge plus avancé jusqu’à accéder lui-même au statut de guerrier (comme pour les Taïfales décrits par Ammien Marcellin). Plus prosaïquement, d’aucuns pourraient interpréter cela comme un droit de cuissage institutionnalisé imposé par le groupe social ; mais passons… Bernard Sergent fait un parallèle entre ces pratiques, et celles, très codifiées, des rites initiatiques de l’aristocratie alors en vogue dans plusieurs cités ou régions du monde grec.

Selon Bernard Sergent (citant Jan Bremmer et Erich Bette), certains chercheurs ont vu ces pratiques archaïques se perpétuer jusque dans l’Europe du 19ème siècle, en Albanie par exemple, et ont pris cela comme une preuve de la filiation antique des Albanais modernes – ibid page 209.

Les Vikings

Pour ce qui concerne l’époque médiévale, des recherches ont également été menées sur les Vikings, montrant que les pratiques homosexuelles étaient admises lorsqu’elles exprimaient une forme de domination, et considérées comme humiliantes dans l’autre cas (voir l’article de Gunnora Hallakarva « The Vikings and Homosexuality » –  http://sourcebooks.fordham.edu/pwh/gayvik.asp : «  The evidence of the sagas and laws shows that male homosexuality was regarded in two lights : there was nothing at all strange or shameful about a man having intercourse with another man if he was in the active or « manly » role, however the passive partner in homosexual intercourse was regarded with derision. It must be remembered, however, that the laws and sagas reflect the Christian consciousness of the Icelander or Norwegian of the thirteenth and fourteenth centuries, well after the pagan period. The myths and legends show that honored gods and heroes were believed to have taken part in homosexual acts, which may indicate that pre-Christian Viking Scandinavia was more tolerant of homosexuality, and history is altogether silent as to the practice of lesbianism in the Viking Age. »)

Ailleurs : chez les Ottomans

A en croire certaines sources, on retrouve cette acceptation d’une homosexualité inscrite dans un rapport de domination, ailleurs qu’en Europe. Par exemple chez certains sultans ottomans, comme Mehmet II, le conquérant de Constantinople (selon George Haggerty et Bonnie Zimmerman in « Encyclopedia of Lesbian and Gay Histories and Cultures », Garland Science, 2003, page 1385 : « When Mehmed II captured the city in 1453, his troops were dispatched immediately to capture the most beautiful boys of the Christian aristocracy for him. » et Wayne R. Dynes et Stephen Donaldson in « Asian Homosexuality », Taylor & Francis, 1992, pages 27 et s.).

Certains sont allés jusqu’à écrire que « l’homoérotisme » était quasi-institutionnel dans l’Empire ottoman, et une forme de pédophilie semble y avoir été répandue puisque les enfants (d’origine chrétienne et souvent d’origine slave, albanaise ou grecque) enlevés pour servir au Palais du Sultan (les içoğlan) ou dans les troupes d’élite ottomanes (les janissaires), étaient eux-mêmes soumis à ce type de pratiques (pour un résumé rapide voir « Quelle place pour les homosexuels dans la société turque? » de Matthias WALLER, mémoire de Séminaire, « Enjeux économiques et sociaux dans les pays du Sud » sous la direction de : BENNAFLA Karine – page 18 – http://doc.sciencespo-lyon.fr/Ressources/Documents/Etudiants/Memoires/Cyberdocs/MFE2011/waller_m/pdf/waller_m.pdf, citant notamment l’historien Godard et son « Dictionnaire des chefs d’Etat homosexuels ou bisexuels », H&O éditions, Béziers, 2004).

Les Romains

Quid des Romains ? La question a son importance : ne dit-on pas que les Gaulois sont devenus des Gallo-Romains ?

Le tableau dressé par certains chercheurs, est celui d’une société romaine ouverte aux pratiques homosexuelles, consenties ou forcées (viols d’esclaves), à condition qu’elles restent fidèles aux règles dictées par une élite sociale et politique, où l’homosexualité est tout à fait acceptée, lorsqu’elle est le fait des « dominants » et qu’elle est pratiquée d’une façon conforme à l’image qu’ils se font de leur supériorité. D’autres pratiques comme la pédophilie semblent avoir été également admises par les Romains, à condition de ne pas concerner les enfants de citoyens romains. Triste tableau d’une société où les faibles apparaissent être l’objet des forts, y compris sur le plan sexuel.

Les textes anciens à ce sujet sont nombreux et difficiles à sélectionner. Voici plutôt les conclusions que tirent de ces sources deux chercheurs français, Catherine Salles, agrégée de lettres classiques, et Paul Veyne (4), historien iconoclaste qu’elle cite abondamment – et qui fut l’un des premiers à briser, à l’époque contemporaine, le tabou de la sexualité des Romains :

« Pour comprendre les goûts sexuels des Romains, il faut abandonner les critères en cours dans nos sociétés contemporaines. » « Il n’y a pas à Rome d’opposition entre hétérosexualité et homosexualité. D’ailleurs, ce dernier terme est moderne (fin du XIXe siècle), et il vaudrait mieux parler à Rome d' »homophilie ». Aimer à la fois les femmes et les garçons est habituel pour un Romain. Simplement, l’un est plutôt attiré par les femmes, l’autre par les hommes, mais sans exclusive. » (Catherine Salles, «L’amour au temps des Romains. » Editions First-Gründ, Paris, 2011, ISBN 978-2-7540-1837-1 (p 141 et 142) citant Paul Veyne, « La famille et l’amour sous le Haut Empire romain », in La société romaine, Paris, Le Seuil, 1991, p. 150)

« Cependant, si le sexe du partenaire est somme toute indifférent, la façon de faire l’amour oppose la passivité à l’action. (…) Cette hiérarchie du « dominant » et du « dominé », de l’actif et du passif, doit toujours demeurer présente à l’esprit pour éclairer certains passages de textes latins en apparence incompréhensibles. » (ibid p. 151)

« Nous sommes dans une société, écrit Paul Veyne, où les conduites sexuelles permises varient selon les classes sociales. La morale sexuelle romaine n’est pas une morale au sens moderne du mot : elle est affaire de statut, non de vertus, de gestes extérieurs, non de répugnances intérieures. »  (ibid pages 141 et 142)

Et de citer Cicéron, César, Hadrien, et même des parodies de mariages homosexuels pratiquées dans les rangs de la haute société.

« Reste l’aspect le plus sombre de la sexualité antique (…) : l’utilisation sexuelle des petits garçons (plus rarement des petites filles) par leurs maîtres. Aucun discrédit ne s’attache à de telles pratiques, et personne ne songerait à stigmatiser un homme qui choisit comme partenaire un de ses jeunes esclaves . » « Nul ne songe à être choqué par la présence au côté d’un homme respectable d’un puer delicatus ou capillatus, un « mignon chevelu » car, à la différence des autres esclaves, qui ont la tête rasée, le mignon arbore une belle chevelure bouclée. » « (…) A Rome, il n’y a pas de « tranches d’âge » exclues de la vie sexuelle. » (ibid pages 155 et 156)

« La présence d’un mignon dans une maison est souvent source de conflits. Madame est furieuse de voir son mari combler de cadeaux un enfant alors qu’il lui refuse les bijoux qu’elle lui demande. » (ibid p. 158)

« Ces pueri delicati valent fort cher lorsqu’on les achète dans les boutiques de luxe ». (ibid p 157)

« Il y a quatre manières pour un Romain d’exercer une activité sexuelle : l’amour légitime ou non pour une femme, des relations avec une personne du même sexe, la fréquentation des prostituées, les relations avec des esclaves, hommes ou femmes, adultes ou enfants, qu’il possède dans sa maison. » « En elle-même, aucune de ces pratiques n’est répréhensible, à condition que certaines règles soient respectées : « Aime qui tu veux, dit la sagesse populaire, mais n’attente pas à la pudeur de la femme, de la fille, du fils d’un citoyen. » » « Un Romain peut donc sans risque d’être condamné faire des avances à n’importe lequel de ses contemporains, à l’exclusion de tous les êtres qui sont protégés par leur statut social, à savoir les épouses et les enfants d’un autre citoyen. » (ibid p. 106)

Avec cette précision : « dans le monde romain, une majorité des hommes, femmes et enfants n’appartiennent pas à la catégorie privilégiée des citoyens » (ibid p. 107).

Le poète latin Properce écrivait : « Si quelqu’un est mon ennemi, je lui souhaite d’aimer les filles, si quelqu’un est mon ami, je lui souhaite d’aimer les jeunes garçons. » (ibid p. 159)

« « Va donc apprendre à faire l’amour avec une femme chez une professionnelle de Subure », lance Martial à son ami Voconius Victor qui, sur le point de se marier n’a eu d’expérience sexuelle qu’avec les petits esclaves de sa maison, et pour lequel un vagin est chose étrangère ! » (ibid pages 172 et 173)

« Il est certes permis d’aimer qui on veut (…). Ces pratiques ne font l’objet d’aucune condamnation, à condition pour l’homme libre de respecter le statut social de ses partenaires et la distinction entre amoureux « actifs » et « passifs » .» (ibid p. 311)

Cette « passivité » serait donc méprisée par le discours officiel des Romains (qui qualifiaient ses adeptes supposés de « molles », terme latin pouvant se traduire par « efféminé », ou de « cinaedi » – de « Kinaidos » / « κίναιδος », un mot insultant par lequel les Grecs désignaient notamment les personnes efféminées). Néanmoins Catherine Salles démontre à travers plusieurs exemples, qu’elle était répandue y compris auprès des élites romaines, ce qui tempère le propos.

Bref, en Europe occidentale, latine, des siècles d’éducation biaisée ont forgé une image totalement faussée et homophobe des « vertus romaines » dont elle s’est réclamée l’héritière, par opposition à des Grecs supposés trop voluptueux, débauchés et « homophiles ». L’Europe occidentale a projeté ses propres fantasmes homosexuels sur le monde grec. Elle a rejeté sous le tapis les textes qui, autres temps autres moeurs, nous livrent aujourd’hui une vision bien différente des moeurs d’Europe de l’Ouest et de l’Europe latine.

Les choses évolueront par la suite. En 390, l’empereur romain Théodose interdit l’homosexualité sous peine de bûcher.  Des lois que l’on qualifierait aujourd’hui « d’homophobes » seront établies dans le Saint-Empire romain germanique, et dans l’Empire byzantin (l’Empire romain d’Orient), allant parfois jusqu’à la peine de mort (voir la bibliographie et les extraits de textes juridiques compilés par Paul Halsall, publiés par l’Université de Fordham http://sourcebooks.fordham.edu/pwh/just-novels.asp – avril 1997). (5)

Des peines de ce type seront en vigueur dans l’Europe médiévale et l’Europe de la renaissance, y compris en Angleterre et en France jusqu’au 18ème siècle. Tout cela contribuant sans doute à modifier le regard des Européens sur les moeurs antiques.

Les femmes n’ont pas été abordées ici.

Elles le seront peut-être à une autre occasion.

Mais pour finir par elles, quelques vers de Sappho (Σαπφώ) (2) :

« Une fois encore l’amour qui dénoue les membres
me fait trembler,
doux-amer, incontrôlable, tortueux amour. » (3)

PL

Chaleureux remerciements à mes correcteurs/trices qui se reconnaîtront.

Notes

1) Il va de soi que l’auteur ne fait pas siennes les remarques homophobes qui marquent certains de ces textes antiques. Pour qui voudrait relire ces extraits dans leur contexte, toutes les traductions présentées ici proviennent d’ouvrages libres de droit et aisément trouvables sur Internet au format .pdf. Merci de signaler les erreurs éventuelles.

2) La poétesse Sappho donna son nom aux amours féminines, mais se serait jetée dans la mer par amour pour le jeune Phaon, son amant. Cette version controversée aurait été reprise ou forgée par le dramaturge Ménandre. Voir « Sappho, La première voix de femme », de Bernard Ledwige, Mercure de France, 1987 p. 99.

3) Ibid p. 159

4) Pour un bref aperçu en ligne des recherches de Paul Veyne, lire : « L’homosexualité à Rome », revue « Communications » Année 1982 Volume 35 Numéro 1 pp. 26-33. Disponible en ligne : http://www.persee.fr/doc/comm_0588-8018_1982_num_35_1_1519. Bien évidemment dans les milieux universitaires, les polémiques ne manquent pas et certains reprochent à Paul Veyne de limiter la virilité romaine à la sexualité, ou d’utiliser la notion même d’hétérosexualité, d’homosexualité, et de bisexualité pour parler de l’érotisme antique – alors qu’il s’agit de notions modernes.  Néanmoins ses sources ne sont pas remises en cause. Il s’agit d’une critique assez générale de la vision moderne de la sexualité appliquée à l’histoire, et chacun s’accorde à dire que Paul Veyne a levé le voile sur un tabou de l’historiographie occidentale.

5) Dans l’antiquité grecque également, des lois ont interdit certaines pratiques homosexuelles. Mais ce n’est pas ici l’objet d’en parler.

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