Les anciens philosophes de Chypre, de la Méditerranée à l’Afghanistan : où les trouver en livres papier et sur Internet. Οι αρχαίοι Κύπριοι φιλόσοφοι, από την Μεσόγειο ως το Αφγανιστάν

« Étant enfant deviens bien élevé ;
jeune homme, maître de toi-même ;
au milieu de la vie, juste ;
vieillard, de bon conseil ; à ta mort, sans chagrin ».

« Ces sages paroles des hommes d’autrefois sont consacrées,
dits des hommes célèbres, dans la sainte Pythô.
Là les a prises Cléarque, en les copiant soigneusement,
pour les dresser, brillant au loin, dans le téménos de Kinéas ».

Ces mots sont gravés en grec, sur une pierre de Bactriane, dans l’actuel Afghanistan. On les classe parmi les apopthegmes, ou maximes, des sept sages de la Grèce.

L’historien et archéologue français Louis Robert est l’auteur de cette traduction. Il a consacré plus de dix pages à démontrer que c’est un Grec de Chypre qui aurait amené là ce texte depuis Delphes, en Grèce : Cléarque de Soli (Κλέαρχος Σολεύς), un philosophe des 4ème et 3ème siècles avant J.-C. (Louis Robert, « Comptes rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres » Année 1968 Volume 112 Numéro 3 pp. 416-457 http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1968_num_112_3_12291).

Pour Louis Robert, « Cléarque les a dressées là pour qu’elles brillent au loin, pour que leur éclat se répande ; c’est, chez ce Grec aux confins, prosélytisme moral en faveur de cette sorte de code de l’antique et toujours vivante sagesse hellénique. »

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Le tome 2 de « l’ancienne littérature chypriote » /΄Αρχαία κυπριακή γραμματεία΄΄ / arkhai’a kypriaki’ grammati’a

Le contexte : la grécité chypriote

Les intellectuels chypriotes les plus connus de l’antiquité ont vécu entre le 4éme siècle avant Jésus-Christ et la période de l’antiquité tardive.

De nos jours, l’île de Chypre ressemble à un petit confetti post-moderne de grécité byzantine et de chrétienté d’Orient. Cerné et balafré, aux confins de la Méditerranée orientale. Une survivance, une exception culturelle, un précieux îlot de langue grecque, au milieu d’un océan linguistique dominé par les langues turque et arabe.

Aux 4ème et 3ème siècles avant J.-C., elle se trouve au contraire au centre de la sphère culturelle hellénique.

Au nord de Chypre, l’Anatolie ou Asie mineure et ses diverses populations, en partie grecques ou, pour certaines d’entre elles, en voie d’absorption et d’assimilation par l’élément grec (Cariens, Phrygiens, etc.)

A l’est de Chypre, le Proche-Orient : après les conquêtes d’Alexandre le Grand, y fleurissent des centres urbains où la culture grecque est bien présente. Notamment sur les territoires des actuels Liban et Syrie, et de la Décapole. La région est alors dominée par la dynastie des Séleucides, du nom de Séleucos (Σέλευκος/« Sé’lefkos »), l’un des généraux grecs qui se sont partagés l’empire d’Alexandre.

L’histoire a oublié nombre de ces cités (voir Maurice Sartre, « Villes éphémères : quelques exemples syriens », Supplément à la Revue archéologique du centre de la France Année 2004 Volume 25 Numéro 1 pp. 311-316, in « Capitales éphémères. Des Capitales de cités perdent leur statut dans l’Antiquité tardive », Actes du colloque Tours 6-8 mars 2003 http://www.persee.fr/issue/sracf_1159-7151_2004_act_25_1).

La Décapole est citée dans les Evangiles (Matthieu 4:25, Marc 5:20, Marc 7:31).

Des populations d’origine crétoise et chypriote se seraient même installées à Antioche (Pierre Jouguet, « L’impérialisme macédonien et l’hellénisation de l’Orient », Editions Albin Michel, 1972, page 369 citant R. Förster).

Au sud de Chypre, c’est l’Egypte, où s’installe la dynastie grecque dite des Ptolémées, ou des « Lagides ». Ils portent le titre de Pharaon, mais aussi celui de « Basileus » / « Βασιλεύς » – « roi » en grec.

Ils restent respectueux de la civilisation des Pharaons, tout en régnant sur une société égyptienne nouvelle : différentes ethnies et cultures y cohabitent, parfois difficilement. La langue grecque et la civilisation hellénique y jouent un rôle considérable via, notamment, les bibliothèques et les populations grécophones qui s’y développent. Qu’elles soient d’origine grecque, juive ou autre (lire par exemple Bernard Legras, « l’Egypte grecque et romaine », Armand Colin, 2004, et Stéphanie Wackenier, « Les Grecs à la conquête de l’Égypte. De la fascination pour le lointain à l’appréhension du quotidien », Hypothèses, vol. 11, no. 1, 2008, pp. 27-35).

La langue grecque apparaît à Chypre bien avant cette période, dès la fin du 2ème millénaire avant J.-C., dans des conditions assez mystérieuses (les chercheurs sont divisés à ce sujet, la lecture des publications scientifiques amène plus d’hypothèses, que d’éclaircissements).

Elle fait alors partie d’un dialecte dit « arcado-chypriote ». Celui-ci présente de fortes similitudes avec le dialecte des Arcadiens : une peuplade ancienne originaire d’Arcadie, dans le centre du Péloponnèse, dont la présence, en plus de Chypre, est également attestée en Pamphylie, en Asie mineure (au sujet de l’arcado-chypriote et de l’arrivée des Arcadiens à Chypre, lire par exemple Dubois Laurent « L’arcadien et le chypriote : deux dialectes cousins » in: Cahiers du Centre d’Etudes Chypriotes. Volume 27, 1997. Mélanges Olivier Masson. pp. 83-92 DOI : 10.3406/cchyp.1997.1321 www.persee.fr/doc/cchyp_0761-8271_1997_num_27_1_1321).

Les mythes fondateurs des grandes cités chypriotes font référence aux guerriers de la guerre de Troie (ibid), ou à des personnages mythologiques. Comme Démophon fils de Thésée. Selon Plutarque, il aurait fondé la ville d’Aïpéia, rebaptisée Soli par le roi Philokypros, en l’honneur de Solon, l’un des sept sages de la Grèce (Plutarque, « Les vies des hommes illustres », tome premier, « Vie de Solon », traduction française : D. Ricard, Paris, 1844, XXXVI). Selon Isocrate, Salamine de Chypre eut pour fondateur un autre héros de la guerre de Troie, Teucer (Τεύκρος), fils du roi Télamon de Salamine (en Grèce) et frère du guerrier Ajax. Teucer serait à l’origine de la dynastie royale dont descendrait Evagoras, roi célèbre de l’antiquité chypriote (« Oeuvres complètes d’Isocrate », traduction d’Aimé-Marie Gaspard de Clérmont-Tonnerre, Paris 1868, tome deuxième « IX. Éloge d’Évagoras »).

Le grec fut écrit à Chypre avec un syllabaire spécifique, le « chypro-syllabique », avant même de l’être avec l’alphabet grec que nous connaissons. Cette écriture descendrait du « chypro-minoen » et serait d’origine égéenne  (voir la présentation du chypro-syllabique sur « Mnamon Les écritures anciennes de la Méditerranée – Guide critique des ressources électroniques »  « Chypro-syllabique – (XIe – IIe siècle avant J.–C.) », par Anna Cannavò traduit par Nicole Maroger http://mnamon.sns.it/index.php?page=Scrittura&id=4&lang=fr).

Comme en Crète, où le grec fut écrit à l’aide du « linéaire B » avant de l’être avec l’alphabet grec actuel (voir Mnamon « Linéaire B – XIVe – XIIIe siècle av. J. – C. » par Maurizio Del Freo traduit par Nicole Maroger http://mnamon.sns.it/index.php?page=Scrittura&id=20&lang=fr).

Le grec parlé à Chypre évoluera ensuite sous l’influence de la langue grecque commune de l’antiquité, la κοινή / kini’, dite « koinè » en prononciation érasmienne.

Puis viendra l’Empire romain, décrit comme un  « Empire gréco-romain »  par l’historien Paul Veyne, et qui laisse toute sa place au grec (Paul Veyne, « l’Empire gréco-romain », Seuil, 2005, 878 pages – http://www.seuil.com/ouvrage/l-empire-greco-romain-paul-veyne/9782020577984), puis le christianisme, etc..

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Le tome 6 de « l’ancienne littérature chypriote » /΄Αρχαία κυπριακή γραμματεία΄΄ / arkhai’a kypriaki’ grammati’a présente les philosophes chypriotes (à l’exception de Zénon auquel un autre tome est consacré)

Les 6 tomes de l’Ancienne littérature chypriote, aux éditions Léventis

Il est des publications qui sont des monuments et des événements à elles seules.

Entre 1995 et 2008, la « Fondation Léventis » (ΙΔΡΥΜΑ Α.Γ. ΛΕΒΕΝΤΗ / I’drima A. G. Lévé’nti) a donné corps à une idée lumineuse : publier une anthologie de la littérature ancienne de Chypre, sous le titre « Αρχαία Κυπριακή Γραμματεία » / « Arkhai’a kypriaki » ghrammati’a » – « Ancienne littérature chypriote ». Six tomes qui couvrent une période allant du 7ème siècle avant J.-C. au 6ème siècle après J.-C..

Cette collection existe en version papier, et en version numérique.

Le niveau de culture atteint par la petite île de Chypre dans l’antiquité, la mobilité et la sophistication de ses intellectuels, leur inscription dans les courants de pensée les plus en vogue de leur époque, en étonneront plus d’un.

Au coeur de ce bouillonnement culturel, Chypre a aussi donné des philosophes. Voyageurs, parties prenantes dans les grands débats philosophiques de leur époque.

Revenons à nos six tomes consacrés à la littérature chypriote ancienne : pour ce qui concerne la version papier, chaque tome est plutôt cher et certains sont difficiles à trouver dans le commerce.

Les textes y sont présentés sous leur forme originale (en grec ancien), suivie de leur adaptation en grec moderne.

Ils couvrent les domaines les plus variés et dépassent la seule littérature au sens strict :

– poésie épique, lyrique et dramatique (tome 1, publié pour la première fois en 1995, commentaires et travail d’adaptation d’Andréas Voskos, ISBN13 : 9789963560837),

– épigrammes (tome 2, publié en 1997, commentaires et travail d’adaptation d’Andréas Voskos, Andréas Loukas et Efi Chatziantoniou-Dimosthenous, ISBN13 : 9789963560325),

– prose (tome 3, publié en 2002, commentaires et travail d’adaptation d’Andréas Voskos, Andréas Loukas et Efi Chatziantoniou-Dimosthenous, ISBN13 : 9789963560516),

– médecine (tome 4, publié en 2007, commentaires et travail d’adaptation d’Andréas Voskos, Andréas Loukas et Efi Chatziantoniou-Dimosthenous, ISBN13 : 9789963560790),

– philosophie de Zénon (tome 5, publié en 1999, commentaires et travail d’adaptation de Kostas Mikhailidis, Andréas Voskos, Andréas Loukas et Efi Khatziantoniou-Dimosthenous, ISBN13 : 9789963560004),

– autres philosophes (tome 6, publié en 2008, commentaires et travail d’adaptation de Ioannis Taïfakos, ISBN13 9789963560806).

Ces textes ont également été rassemblés sur le site du « Cyprus Institute », en coopération avec la fondation Leventis , à l’adresse « http://akg.cyi.ac.cy«  sous le titre « Ψηφιακή Αρχαία Κυπριακή Γραμματεία » / « Psifiaki’ arkhai’a kypriaki » ghrammati’a » – « Ancienne littérature chypriote numérisée » ou, en anglais « Digital Ancient Cypriot Literature ».

Il ont servi de base à un trésor numérique en constante amélioration.

On ne peut qu’inviter chacun à le parcourir.

Le site comprend :
– le textes, classés par tomes, en grec ancien avec leur adaptation en grec moderne, comme sur l’édition papier ; avec le sommaire en grec (http://akg.cyi.ac.cy/el/content/%CE%BA%CE%B1%CE%BB%CF%89%CF%83%CE%BF%CF%81%CE%AF%CF%83%CE%B1%CF%84%CE%B5), ou en anglais (http://akg.cyi.ac.cy/en/content/welcome) ;
– une « ligne du temps », représentant la chronologie des différents auteurs, en grec et en anglais : http://akg.cyi.ac.cy/el/content/%CF%87%CF%81%CE%BF%CE%BD%CE%BF%CE%BB%CF%8C%CE%B3%CE%B9%CE%BF

Comme indiqué plus haut, le tome 6 est donc consacré aux philosophes chypriotes les moins connus qui sont aussi, c’est un avis, les plus attachants, et les plus étonnants (les hellénistes pourront le trouver ici : http://akg.cyi.ac.cy/el/content/αλλοι-κυπριοι-φιλοσοφοι).

Le tome 6 de « l’Ancienne littérature chypriote » aborde dix-sept philosophes (sans compter Zénon, auquel le tome 5 est entièrement consacré).

Il présente soit leurs textes, quand ils ont été sauvés, soit des références à leur pensée ou à leur biographie :

  • Κλέαρχος Σολεύς, ou en prononciation grecque moderne « Klé’arkhos Solé’vs » : Cléarque de Soles (ou de Soli) : de l’école péripapéticienne, né vers le milieu du 4ème siècle avant J.-C., contemporain d’Aristote, sa pensée est antérieure à celle de Zénon ;
  • Περσαῖος Κιτιεύς / « Persai’os Kitié’vs » : Persaios de Kition, de l’école stoïcienne, disciple de Zénon (né à la fin du 4ème siècle avant J.-C.) ;
  • Δημώναξ / « Dhimo’nax » : Démonax (1er et 2ème siècle de notre ère), philosophe « généraliste » de la seconde sophistique, influencé notamment par les doctrines cynique de la seconde sophistique, et stoïcienne ;
  • Εὔδημος Κύπριος / « Ev’dhimos Ky’prios » : Eudème de Chypre, contemporain d’Aristote, mort à Syracuse au 4ème siècle avant J.-C. ;
  • Νικάνωρ / Νικαγόρας Κύπριος / « Nika’nor » / « Nikagho’ras Ky’prios » : Nicanor / Nikagoras de Chypre, considéré par les sources comme « athée » (4ème / 3ème siècle avant J.-C.) ;
  • Διοσκουρίδης Κύπριος / « Dioskouri’dis Ky’prios » : Dioskourides de Chypre, stoïcien (4ème / 3ème siècle avant J.-C.) ;
  • Πύθων Αριστοκράτου / « Py’thon Aristokra’tou » : épicurien (aurait vécu au 3ème siècle avant J.-C.) ;
  • Ἀρισταγόρας Σαλαμίνιος / « Aristago’ras Salami’nios » : Aristagoras de Salamine (fin du 3ème siècle avant J.-C.) ;
  • Ἵππαρχος Πάφιος ou « I’pparkhos Pa’fios » : Hipparque de Paphos,
  • Ἀριστάναξ Σαλαμίνιος ou « Arista’nax Salami’nios » : Aristanax de Salamine,
  • Εὐπείθης Πάφιος ou « Evpi’this Pa’fios » : Eupythe de Paphos
  • Ζηνόδοτος Κύπριος ou  « Zino’dotos Ky’prios »  : Zinodatos de Chypre,
  • Σώτας Πάφιος ou « So’tas Pa’fios » : Sotas de Paphos,
  • Φιλόλαος Κιτιεύς ou « Philo’laos Kitié’vs » : Philolaos de Kition,
  • Ἀριστόδημος Κύπριος  ou « Aristo’dimos Ky’prios » : Aristodème de Chypre,
  • Ῥουφῖνος Κύπριος ou « Roufi’nos Ky’prios » : Roufinos de Chypre,
  • Βάκχιος Τρύφωνος Πάφιος ou « Va’kkhios Try’phonos Pa’fios » : Bacchios. de Paphos, fils de Tryphon, platonicien, professeur de l’Empereur romain Marc Aurèle.

Il faut parler grec pour se plonger dans cette somme.

Pour l’instant seul le sommaire est traduit, mais uniquement en anglais.

Quelques traductions françaises d’auteurs chypriotes, sur Internet

Consolons-nous.

On trouve tout de même, en français,  des traductions de textes antiques relatifs à quelques auteurs chypriotes de l’antiquité.

Le plus truculent pourrait être Démonax. Sa pensée semble caractérisée par la  recherche de la paix intérieure, d’une façon peut-être excessive car au prix d’une forme de renoncement assez peu propice à l’action.

L’humour de Démonax, et certaines paroles de sagesse, le distinguent des auteurs de son temps, si l’on en croit la description qui en est faite dans l’oeuvre de Lucien de Samosate.

Le site de référence  de feu Philippe Remacle reproduit une édition du début du 20ème siècle, avec sa traduction française :

Une petite sélection :

« 5. Il ne se retrancha pas dans un seul genre philosophique, mais il les réunit presque tous, sans jamais faire connaître à quelle secte il donnait la préférence. Il paraissait cependant adopter la doctrine de Socrate, quoique, par son extérieur et l’indolence de sa vie, il semblât se rapprocher du philosophe de Sinope. Seulement, il n’outra jamais sa façon de vivre pour se faire admirer et attirer sur lui les regards des hommes ; il était vêtu comme tout le monde, uni dans ses manières, ennemi de toute prétention, conversant avec tous, en particulier ou en public. »

« 14. Le sophiste Sidonius qui s’était acquis quelque réputation dans Athènes, prononçait un discours où il se donnait des louanges outrées, et se vantait d’avoir exploré toute la philosophie. Mais il vaut mieux rappeler ses propres paroles : « Si Aristote m’appelle au Lycée, je le suivrai ; si Platon me demande à l’Académie, j’irai ; si Zénon veut que je demeure au Pœcilé, j’y resterai ; si Pythagore m’appelle, je garderai le silence. » Démonax, se levant aussitôt du milieu de l’assemblée : « Hé ! l’ami, dit-il en le désignant par son nom, Pythagore t’appelle. » »

« 15. Un certain Python, beau jeune homme, fils d’un Macédonien de distinction, ayant voulu s’égayer aux dépens de Démonax, en lui proposant un argument sophistique et en lui demandant la solution de son syllogisme : « Je sais bien une chose, mon garçon, dit le philosophe, c’est que tu te prêtes à un autre genre de solution.  » L’autre, irrité de cette raillerie à double sens, le menaça en disant : « Je vais te faire voir un homme. – Tu en as donc un ? » repartit en riant Démonax. »

« 20. On lui demandait un jour en quoi consiste le bonheur : « Il n’y a d’heureux que l’homme libre. – Mais il y a bien des gens libres. – Moi, je ne parle que de celui qui n’a ni crainte, ni espérance. – Est-il possible de trouver un pareil homme ? Nous sommes tous esclaves de ces passions. – Il est vrai ; mais si vous considérez bien les choses humaines, vous voyez qu’elles ne méritent ni l’espoir, ni la crainte : tout finit, la douleur comme le plaisir. » »

« 25. Le même Hérode, pleurant la perte de son fils, s’était renfermé dans les ténèbres. Démonax va le trouver et lui dit qu’il est magicien, qu’il peut évoquer l’ombre du mort, pourvu qu’Hérode lui nomme seulement trois hommes qui n’aient jamais pleuré personne. Hérode hésite embarrassé : il ne pouvait, je pense, nommer qui que ce fût : « Homme plaisant, lui dit Démonax, qui vous croyez seul en proie à des maux intolérables, quand vous voyez qu’il n’est personne exempt de douleur ! » »

« 32. Quelqu’un lui ayant demandé si l’âme est immortelle : « Oui, dit-il, comme tout le reste. » »

« 40. Un certain Polybius, homme ignorant et faiseur de solécismes, lui ayant dit : « L’empereur m’a honoré du droit de cité romaine. – Plût au ciel, dit-il, qu’il t’eût fait plutôt Grec que Romain ! » »

« 45. Quelqu’un apercevant sur ses jambes des marques de vieillesse : « Qu’est-ce-ci, Démonax, lui dit-il. – C’est, répond Démonax avec un sourire, c’est Charon qui m’a mordu ! » »

« 46. Il voyait un Lacédémonien [un spartiate] frapper son esclave à coups de fouet : « Cesse, dit-il, de traiter ton esclave comme ton égal. » »

« 50. Ce qu’il dit à un proconsul est tout à la fois spirituel et mordant. C’était un de ces hommes, qui se font épiler avec de la poix les jambes et le reste du corps. Certain cynique, monté sur une pierre, déclamait Contre lui et lui reprochait son infâme complaisance. Le proconsul se fâche, fait arrêter le cynique, et se met en devoir de le faire expirer sous le bâton ou de le condamner à l’exil. Mais Démonax, se trouvant là par hasard, lui demande la grâce du malheureux, dont la hardiesse, dit-il, est un privilège héréditaire de la secte cynique. « Je veux bien lui pardonner cette fois par égard pour vous, dit le proconsul ; mais s’il a l’insolence de recommencer, quelle peine méritera-t-il ? – Faites-le épiler. » répond Démonax. » »

« 51. Un autre proconsul, à qui l’empereur venait de confier le commandement de plusieurs légions et le gouvernement d’une grande province, lui demandait le meilleur moyen d’administrer : « Ne vous mettez pas en colère, dit-il, parlez peu, écoutez beaucoup. » »

« 55. Épictète lui conseillait un jour, sous forme de reproche, de se marier et d’avoir des enfants, prétendant qu’il convenait à un philosophe de laisser après lui des successeurs naturels. « Eh bien ! Épictète, répondit-il en lui renvoyant finement le reproche, donnez-moi une de vos filles. » »

« 59. Je lui ai moi-même entendu dire un jour à un jurisconsulte que les lois sont à peu près inutiles aux gens de bien et aux méchants : les premiers n’en ont pas besoin, et les seconds n’en deviennent pas meilleurs. »

« 60. Il aimait à fredonner ce vers d’Homère :
Le lâche et le vaillant sont sujets au trépas. »

« 66. Peu de temps avant sa mort, on lui demanda ce qu’il ordonnait pour sa sépulture : « Ne vous en inquiétez pas, répondit-il ; l’odeur de mon cadavre me fera donner un tombeau. – Hé quoi ! répliqua-t-on ! ne serait-il pas honteux d’abandonner aux chiens et aux oiseaux le corps d’un homme tel que vous ? – Il n’y a rien d’étrange, dit-il, à ce que je veuille encore après ma mort rendre service à des êtres vivants. »

Au 3ème siècle après Jésus-Christ, dans dans ses « Vies, doctrines et sentences des philosophes illustres », Diogène Laërce (Διογένης Λαέρτιος / Dioghé’nis Laé’rtios)  aborde l’incontournable Zénon ; il est brièvement fait référence à Cléarque de Soles dans la préface : « Cléarque de Soles prétend, dans le traité de l’Éducation, que les gymnosophistes descendent des mages. »

Remacle.org reproduit une édition du 19ème siècle, avec sa traduction française :

Cléarque de Soles est l’auteur « d’Erotica » et de « Péri hypnou » (sur le sommeil).

Ces textes ne sont cependant connus que par des fragments ; concernant « Péri hypnou », lire Tiziano Dorandi, «Le traité Sur le sommeil de Cléarque de Soles : catalepsie et immortalité de l’âme», Exemplaria classica, 10, 2006, pages 31 à 52 : rabida.uhu.es/dspace/bitstream/handle/10272/297/b15146042.pdf.

 

Vers la fin de l’antiquité, l’île de Chypre bascule du monde gréco-romain païen vers le monde gréco-romain chrétien. Autrement dit, vers l’identité byzantine, qui imprègne encore tant les Chypriotes grecs, malgré les vicissitudes de leur histoire.

Puissent l’esprit inventif, éclairé, prudent, et la sagesse de leurs lointains ancêtres   leur donner la force d’affronter les dangers et les défis du présent.

L’héritage dont ils sont porteurs les appelle à maintenir cette spécificité qui est la leur : celle de former encore, au 21ème siècle, non sans difficultés et paradoxes, les dernières cités hellènes de Méditerranée orientale.

 

Texte Panayiotis Lipsos

 

 * Le « Cyprus institute » est une organisation non gouvernementale. L’institut fut créé en 2004 par la « Fondation pour la Recherche et l’Education de Chypre » (la « Cyprus Research and Educational Foundation – CREF » – https://www.cyi.ac.cy/index.php/cyi/governance-and-board-of-trustees/cref-cyprus-research-educational-foundation.html), elle-même financée, à l’origine, par la Banque chypriote de développement (The Cyprus Development Bank – CDB – Κυπριακή Τράπεζα Αναπτύξεως) dont les principaux actionnaires étaient alors la République ce Chypre et la Banque européenne d’investissement.

 

 

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La tiropita façon Eléni, la tiropita facile de philiki.org Η τυρόπιτα αλά Ελένη, η εύκολη τυρόπιτα του philiki.org

Voilà que se rappelle à vos bons souvenirs le goût de la tiropita, ce chausson au fromage dont les Grecs raffolent.

Malheur, pas de pâte filo dans votre frigo, ni à la supérette du coin !

Aucun problème, voici la recette facile et très rapide de la tiropita façon Eléni.

A base de pâte feuilletée, sa saveur remémore les tiropitas qui se font, notamment, à Chypre.

Elle sera idéale en apéritif, accompagnée de quelques olives de Kalamata et d’un verre d’Ouzo (à consommer avec modération), ou avec une bonne salade verte – pour 4 personnes.

Ingrédients :

Pâte feuilletée
Un oeuf
De la vraie féta grecque (200 g – appellation d’origine protégée, on en trouve désormais dans la plupart des supermarchés français)
De la menthe en poudre ou des herbes de Provence
Du poivre
Du sel, éventuellement

Temps de préparation : 10 à 15 mn maximum

Temps de cuisson  : 20 à 25 mn

Ustensiles :

Du papier sulfurisé
Une fourchette
Un couteau
Un petit saladier
Un bol
Un plat
Un four…
Un ordinateur pour lire la recette sur philiki.org.

La recette en 7 étapes, dégustation comprise :

1/ Sur du papier sulfurisé, étaler la pâte et la percer doucement de quelques coups de fourchette, en partie centrale ;

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2/ Dans un petit saladier, mettre la féta et l’écraser avec une fourchette ;

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3/ Dans un bol, battre un œuf ;

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4/ Dans le petit saladier, verser l’œuf battu sur la féta écrasée et mélanger, pour bien humidifier la féta ; ajouter un peu de menthe ou d’herbes de Provence, du poivre et éventuellement du sel (goûter la féta pour voir si l’on souhaite ajouter du sel) ;

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5/ Bien étaler ce mélange sur la partie centrale de la pâte, de façon à ce qu’il soit à peu près uniforme ; replier les bords de la pâte qui dépassent, vers l’intérieur ; ou découper l’ensemble de la façon qu’il plaira ;

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6/ Mettre au four à 210°, environ 25 minutes, surveiller entre 20 et 25 minutes car la cuisson peut varier selon les fours ;

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7/ C’est prêt ! Couper l’ensemble de la façon dont il plaira, et présenter sur son plat préféré ; déguster.

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Recette Eléni

Texte PL

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Publié dans θ / Cuisine Μαγειρική, Non classé

La fusion Rap grec / musiques traditionnelles Ελληνικό χιπ χοπ και παραδοσιακή μουσική

C’est une fusion qui se développe sur la scène hip hop hellénique.

La rencontre du rap grec et des musiques traditionnelles des campagnes de Grèce continentale, des Grecs d’Anatolie, des îles, et de la tradition urbaine du Rébétiko…

Voici une petite sélection via des extraits ou des titres complets sur Napster et Deezer, Itunes,  et les chaînes officielles Youtube des rappeurs grecs. Considérant que leurs albums seraient systématiquement piratés, nombre d’artistes grecs mettent eux-mêmes en ligne leurs morceaux, misant sur les concerts. Achetez quand même les albums si  vous en avez les moyens…

Au menu :
Imam Baildi
Antipina
Antipina & Social Waste
Eisvoléas
Artémis
Komis X
NTP
Le Crétois Constantine Cullen
Les Chypriotes Abnormals, Fotis Tikkos, Rempellos et Pontikas

 

imambaildicookbook

Imam Baildi – Cookbook

Artiste : Imam Baildi (groupe)
Album : The Imam Baildi Cookbook

Un album à l’image de ce groupe, qui fusionne de nombreux styles, du traditionnel au caribéen.

Quelques titres rentrent dans notre sujet :

Arguilé’ mou yiati’ svi’nis / Αργιλέ μου γιατι σβήνεις (mon narguilé pourquoi t’éteins-tu ? ) :

http://us.napster.com/artist/imam-baildi/album/the-imam-baildi-cookbook/track/argile-mou-giati-svinis

« La rumba no miente », des sons qui rappellent la Grèce du nord, mariés à une ambiance latino-américaine et des paroles en anglais et en espagnol :

http://us.napster.com/artist/imam-baildi/album/the-imam-baildi-cookbook/track/la-rumba-no-miente

Ta kha’rtina / Τα χάρτινα :

http://us.napster.com/artist/imam-baildi/album/the-imam-baildi-cookbook/track/ta-hartina

L’album :

http://us.napster.com/artist/imam-baildi/album/the-imam-baildi-cookbook

La page Facebook :

https://www.facebook.com/imambaildi/

 

chaoskaiarmonia

Antipina

Artiste : Antipina / Αντίποινα (« représailles »)
Album : Chàos kai Armonia / Χάος και αρμονία (Chaos et Harmonie)

Dans son album « Chaos et Harmonie », le groupe Anti’pina joue à fond le jeu de la fusion bouzouki ou son tradi / rap et autres. Soit en les faisant se succéder d’un morceau à l’autre, soit au sein des mêmes titres, dont plusieurs ne sont qu’instrumentaux.

Album entièrement mis en ligne par le groupe sur sa chaîne officielle Youtube :
https://www.youtube.com/watch?v=S7i-D94PgUQ

Avec par exemple les titres :

– « Mousiki’ me aiti’a » / Μουσική με αιτία :

https://www.youtube.com/watch?v=7sqwPC16N6o

– « Mo’nos sinehi’zo » / Μόνος συνεχίζω avec un doudouk arménien en fond sonore (instrument traditionnel arménien) : 

https://www.youtube.com/watch?v=Fnd0YHRlOdg

-« Mia peripla’nisi » / Μια περιπλάνηση (idem) :

https://www.youtube.com/watch?v=m-tcHnmNzKA

 

hiphopmesogeiou

Antipina & Social Waste

Album : « To hip hop tis Méssoyi’ou » / Το hip hop της Μεσογείου ft. Dj Magnum

Associé au groupe Social Waste, Antipina sort en 2017 l’album «  Το hip hop της Μεσογείου » (« le hip hop de la Méditerranée »).

Des paroles très engagées (on est d’accord ou pas). Mais surtout, surtout, une fusion musicale des plus intéressantes…

L’album est librement téléchargeable sur le site de Social Waste :
http://socialwaste.org/cd/to-hip-hop-tis-mesogeiou/

Et sur leur page officielle Youtube
https://www.youtube.com/watch?v=I6gJCCoXs04

 

Artiste : Eisvoléas / ΕΙΣΒΟΛΕΑΣ & The Tedd’s

L’Envahisseur (c’est ainsi qu’il faut traduire « Eisvoléas », de son vrai nom Ilias Papanikolos) est ferrailleur dans le civil.

C’est une des têtes de proue du rap grec.

Avec son groupe The Tedd’s, il mêle rap, chansons populaires grecques et Rébétiko dans un album paru sur sa chaîne Youtube officielle :

« Ou’zo » / ΟΥΖΟ /APTALLICA /ΠΙΤΣΑΝΗΣ/THE TEDD’S / STS / ΛΙΑΚΟΣ :
https://www.youtube.com/watch?v=3nS43yYz7C0

« Sfiriksé’ mou » / ΣΦΥΡΙΞΕ ΜΟΥ / THE TEDDS / ΛΙΑΚΟΣ / ΣΤΙΧΟΙ :
https://www.youtube.com/watch?v=6QoT0wm9UTw

https://www.youtube.com/watch?v=kjgtIWrQHD4

« I’pa x’I’pa » / ΕΙΠΑ Ξ’ΕΙΠΑ / ΛΙΑΚΟΣ & THE TEDD’S / ΣΤΙΧΟΙ :

https://www.youtube.com/watch?v=AiHBieD9qiU

« Mbe’rdhema sto mbérdhéouway » /  « ΜΠΕΡΔΕΜΑ ΣΤΟ ΜΠΕΡΔΕΓΟΥΕΗ » ΛΙΑΚΟΣ(ΕΙΣΒΟ) / THE TEDD’S 2014 :

https://www.youtube.com/watch?v=iij-jaglHqA

« Mbakhalia’zomai » / « ΜΠΑΧΑΛΙΑΖΟΜΑΙ » (THE TEDD’S) ΕΙΣΒΟΛΕΑΣ(στιχοι) 2014 :

https://www.youtube.com/watch?v=p0eZXQpRVeY

TEDDY BOY/THE TEDD’S (ΛΙΑΚΟΣ/ΤΑΚΙΤΣΑΝ) ΣΤΙΧΟΙ 2014

 

zamaniliakos

Eisvoléas & Matoula Zamani – Mpanistirtzou

Artiste : Eisvolé’as / ΕΙΣΒΟΛΕΑΣ et Matoula Zamani.
Album : Muma de Matoula Zamani

Avec la chanson « Mpanistirtzou », Eisvolé’as signe une jolie coopération avec la Soprano Matoula Zamani.

Langue grecque façon rap et sons de la péninsule de l’Aimos. Bouzouki trompettes.

Le titre figure sur l’album Muma de  Matoula Zamani (le reste de l’album n’a rien à voir avec le rap) :

– Mpanistirtzou’ / Μπανιστηρτζού  disponible ici :

http://www.deezer.com/album/12969312

et là  :

https://itunes.apple.com/us/album/mpanistirtzou-feat-isvoleas/id1108429973?i=1108430449

Les pages Facebook :

https://www.facebook.com/eisvoleas/
https://www.facebook.com/Matoula-Zamani-214970361060/

 

eisvoleaskemanes

Eisvolé’as, avec A’kis Pitsa’nis au kémanès et Né’storas à la guitare.

Artiste : Eisvoléas / ΕΙΣΒΟΛΕΑΣ 
Titre : Péfto kai sikônomé / Πέφτω και σηκώνομαι (je tombe et je me relève)

Toujours avec Eisvoléas :

Une version unplugged du titre Pé’fto kai siko’nomé / Πέφτω και σηκώνομαι (je tombe et je me relève), avec guitare et Kémanès (une lyre utilisée par les Grecs originaires de Cappadoce et de Bithynie, relativement proche par sa forme de la lyre des Grecs pontiques) :

Mise en ligne gratuitement sur la chaîne Youtube officielle d’Eisvoléas :

https://www.youtube.com/watch?v=0iwcuH4uDzM

 

eisvoleasgkegke

Eisvoléas – Gkégké

Artiste : Eisvoleas / ΕΙΣΒΟΛΕΑΣ 
Album : ΓΚΕΓΚΕ / GKEGKE

Encore avec Eisvoléas, tout l’album ΓΚΕΓΚΕ / GKEGKE est parsemé de bouzouki et mêle allègrement rap et Rébétiko.

A écouter par exemple les morceaux :

Kou’na to loko’ / Κούνα το Λοκό (« bouge ton luc »)
Et Οπα Λα Λα / O’pa la la

La page Facebook :

https://www.facebook.com/eisvoleas/

L’album n’est pas facile à commander sur les sites de vente en ligne. Des titres circulent sur internet mais sans l’assentiment de l’auteur semble-t-il. Donc, à éviter.

 

likoshimosamnos

Artémis

Artiste : Artémis / Αρτέμης
Album : LYKHOSKHIMOS AMNOS / ΛΥΚΟΣΧΗΜΟΣ ΑΜΝΟΣ

Deux intros traditionnelles dans deux morceaux de cet album, par ailleurs pas très tradi.

Artémis les a mis en ligne sur sa chaîne officielle Youtube  :

– le titre « Ana’stasis Pro’ti »  / Aνάστασις Πρώτη : intro façon lyre pontique (les Pontiques sont une population grecque du nord est de l’Anatolie – aujourd’hui dispersée de par le monde, ils ont conservé leurs traditions musicales sur leurs terres de diaspora) : 

https://www.youtube.com/watch?v=tOOOg-WlBY0

– le titre « O Marmaromé’nos » / Ο Μαρμαρωμένος : quelques notes de santouri (semble-t-il) qui font toute la différence : 

https://www.youtube.com/watch?v=DXtfxDiWq3g

On peut se procurer l’album sur le site marchand de l’artiste (hiphopshop.gr, boutique en ligne pour graffers) : 

http://hiphopshop.gr/%CF%80%CF%81%CE%BF%CF%8A%CF%8C%CE%BD/cd-%CE%B1%CF%81%CF%84%CE%B5%CE%BC%CE%B7%CF%83-%CE%BB%CF%85%CE%BA%CE%BF%CF%83%CF%87%CE%B7%CE%BC%CE%BF%CF%83-%CE%B1%CE%BC%CE%BD%CE%BF%CF%83-lp/

La page Facebook :

https://www.facebook.com/artemios.neorhapsodist

 

artemiseftimisoakrivoyios

Artémis / Efthymis

Artiste : Artémis & Efthymis / Αρτέμης/Ευθύμης
Album : O Dialehtos Tis Arnisis Ki O Akrivogios Tis Pistis / Ο Διαλεχτός Της Άρνησης Κι Ο Ακριβογιός Της Πίστης

Encore avec Artémis, et son camarade Efthymis : Bouzouki, guitare électrique, rap, dans le titre :

– « Ri’mes apo Atsa’li – Rythmi’ Mega’li » / Ρίμες Από Ατσάλι – Ρυθμοί Μεγάλοι (rimes d’acier – grands rythmes), disponible ici :

https://itunes.apple.com/gr/album/o-dialehtos-tis-arnisis-ki/id268260233

 

artemismashupsession1

Artémis

Artiste : Artémis / Αρτέμης
Album : MASHUP SESSIONS 1

Un titre sur fond de chant byzantin :

– « Kath’imas’/ Aimorrooùssa » / ΚΑΘ’ΗΜΑΣ / ΑΙΜΟΡΡΟΟΥΣΑ : 

https://www.youtube.com/watch?v=5ZJhJbzmneA

Un titre au son tradi :
– « O khoro’s ton aspi’don » / « I afti i Egô » / Ο ΧΟΡΟΣ ΤΩΝ ΑΣΠΙΔΩΝ / Η’ ΑΥΤΟΙ Η’ ΕΓΩ (la danse des boucliers, eux ou moi) :

https://www.youtube.com/watch?v=boPveyC1naU

La fiche de l’album sur discogs :

https://www.discogs.com/%CE%91%CF%81%CF%84%CE%AD%CE%BC%CE%B7%CF%82-Mash-Up-Sessions-I-%CE%A3%CF%84%CE%B1%CE%BC%CE%AC%CF%84%CE%B7%CF%82-%CE%A3%CF%80%CE%B1%CE%BD%CE%BF%CF%85%CE%B4%CE%AC%CE%BA%CE%B7%CF%82/release/2870184

Pour en savoir plus sur Artémis & Efthymis : https://philiki.org/2013/06/25/rap-grec/

 

komisxkathegouliakaiprovlima

Komis X

Artiste : Komis X

Un titre de Komis X :

Ka’thé goulia’ kai pro’vlima / Κάθε γουλιά και πρόβλημα (chaque gorgée est aussi un problème) :

Mis en ligne par l’artiste sur sa chaîne Youtube

https://www.youtube.com/watch?v=ckywQi5jCnc

 

LOUKOUMAKIPARODIE

NTP

Artiste : NTP / ΝΤΠ – « Néa ta’xi pragma’ton » / Νέα τάξη πραγμάτων (« Nouvel Ordre des Choses »)
Album : single Loukoumaki Syriano Λουκουμάκι Συριανό

Sur un rythme plutôt reggae que rap orné de bouzouki, un hymne au loukoum de Syros par le groupe de rap NTP ; le titre est disponible ici : 

https://itunes.apple.com/gr/album/loukoumaki-syriano-single/id1023442990

A ne pas rater : le clip sur la chaîne officielle Youtube de NTP : 

https://www.youtube.com/watch?v=qK0FHfW9UBg

 

TRAGILA2

« Constantine Cullen »

La tradition, ce sont aussi les dialectes grecs, qui tendent à disparaître, sauf dans quelques isolats.

On trouve quelques morceaux de rap en dialecte grec crétois.

Artiste : « Constantine Cullen » 

« Constantine Cullen », Konstanti’nos de son vrai prénom, nous gratifie ainsi d’une parodie façon gangsta rap du morceau « Tranquila » de J Balvin.

Loin de l’ambiance aseptisée de Kolonaki.

Chèvres, armes, barbes, croix, bottes et treillis, dialecte crétois (juste ce qu’il faut pour comprendre), autodérision, ambiance « ne venez pas nous chercher » ; tout le folklore crétois des temps modernes résumé en une chanson :

Tragila :

https://www.youtube.com/watch?v=rXXzH9oo178

 

hip_hop_festival_2017

The Cyprus 2017 Hip Hop Festival

 

Pour finir, quelques titres en dialecte grec chypriote.

Chypre compte un certain nombre de groupes de rap qui font avec « les moyens du bord », pour des réalisations parfois étonnantes.

Artiste : Abnormals

« Made in cy » sur la chaîne YouTube du groupe Abnormals :

https://www.youtube.com/watch?v=bfK_gZVPrvs

Artiste : Φώτης (Fo’tis Tikkos)

« Δον Κιφώτης – Το Ρεμπέτικο / Don Kifotis – To rempetiko » sur la chaîne de Φώτης (Fo’tis Ti’kkos), le jeune rappeur chypriote qui monte 🙂

https://www.youtube.com/watch?v=Xzrq-t94IAw

Artiste : Rempellos

Ala’na Aλάνα du rhapsode Rempellos :

https://www.youtube.com/watch?v=V3XIO-ytI8U

Chaîne Facebook : https://www.facebook.com/rempellosCy/

Artiste : Pontikas / ποντικα|Σ

« ΙΕΡΟΝΗΣΙ » / Ieronissi de Pontikas / ποντικα|Σ :

https://www.youtube.com/watch?v=RBkKrYArE0Q

Pour découvrir la scène rap grecque, http://www.hiphop.gr/ est le site de référence (en grec).

Et pour les hellénistes distingués, un article découvert à l’occasion de nos recherches, signé de Léonidas Ikonomakis, le chanteur de Social Waste, à propos justement des musiques traditionnelles et du rap dans le monde, sur le site toperiodiko.gr (en grec) :

http://www.toperiodiko.gr/%CF%81%CE%B1%CF%80-%CE%B4%CE%B9%CE%AC%CE%BB%CE%B5%CE%BA%CF%84%CE%BF%CE%B9-%CE%BA%CE%B1%CE%B9-%CF%80%CE%B1%CF%81%CE%B1%CE%B4%CE%BF%CF%83%CE%B9%CE%B1%CE%BA%CE%AC-%CF%8C%CF%81%CE%B3%CE%B1%CE%BD%CE%B1/#.WPIl3_nyjIV

En espérant que ce petit aperçu donnera au passant l’envie de planer plus avant dans le monde de la fusion hellène…

Merci de signaler les liens qui ne fonctionnent plus et / ou d’envoyer les liens actualisés en commentaire.

Panayiotis Lipsos

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Publié dans δ / Musique Μουσική

Le luth grec, ou laoùto : l’instrument qu’on entend de l’Epire jusqu’à Chypre Το λαούτο : το όργανο που ακούγεται από την Ήπειρο έως την Κύπρο

« Il prenait son luth, marchait à pas furtifs et en jouait doucement, doucement, en face du palais. » / « ΄Ηπαιρνε το λαγούτον του και σιγανά επορπάτει κι εχτύπαν το γλυκιά γλυκιά ανάδια στο παλάτι. » *

Extrait d’Erotokritos, roman versifié crétois de Vitsentzos Kornaros – début du 17ème siècle. Erotokritos chante accompagné de son luth, sous les fenêtres du Palais du Roi d’Athènes. Il séduit ainsi la fille de ce dernier, Arétousa, scellant le début de l’intrigue.
Vassilis Kostas. Skaros. Solo de laoùto.

Vassilis Kostas. Skaros. Solo de laoùto. Comme Christos Zotos, Vassilis Kostas transpose au luth, les solos de clarinette de l’ouest de la Grèce. Source : sa chaîne officielle YouTube https://m.youtube.com/watch?v=j7HIHBVQgfk et sa page Facebook https://www.facebook.com/vasiliskostasmusic

Le luth est sans doute l’instrument traditionnel le plus répandu dans les campagnes grecques.

C’était aussi l’un des plus discrets – c’est peut-être en train de changer…

Le luth grec se dit « laoùto » ou « laghoùto »λαούτο / λαγούτο.

On le retrouve dans la littérature et, dans ses formes les plus anciennes, dans l’iconographie médiévale.

Dans le monde grec, on distingue aujourd’hui quatre grandes familles de laoùto (chacune pouvant présenter en son sein, quelques variantes, qui ne sont pas abordées ici) :

  • le luth du continent – sterianô laoùto / στεριανό λαούτο – et des îles – nissiôtiko laoùto / νησιώτικο λαούτο  – à quatre doubles cordes en métal, accordé la-ré-sol-do (du bas vers le haut),
  • le luth crétois – kritikô laoùto / κρητικό λαούτο – dont le corps est souvent plus grand que celui de tous les autres types de luths grecs, à quatre doubles cordes en métal, généralement accordé mi-la-ré-sol,
  • le luth chypriote – kypriakô laoùto / κυπριακό λαούτο – avec quatre doubles cordes en métal accordées la-ré-sol-do,
  • le « poli’tiko laoùto » / πολίτικο λαούτο, le « luth de la Ville », des Grecs d’Istanbul, plus fin, à quatre doubles cordes en nylon le plus souvent accordées la-ré-la-ré en plus d’une corde qui sert de bourdon.
Le laoùto et le violon sont les deux instruments du mariage traditionnel chypriote. Publicité Facebook de deux instrumentistes chypriotes. https://www.facebook.com/violikailaouto/

Le laoùto et le violon sont les deux instruments du mariage traditionnel chypriote. Publicité Facebook de deux instrumentistes chypriotes, Pavlos Christodoulou et Loukas Grigoriou. https://www.facebook.com/violikailaouto/

En Crète et dans les îles, le laoùto accompagne la lyre et parfois le violon.

A Chypre, il accompagne le violon (voir par exemple ce « pot-pourri » de chansons traditionnelles du mariage chypriote, réalisé par Spyros Hadjinikolaou et Andréas Andréou : https://www.youtube.com/watch?v=M9bwTqWA7mU).

En dehors de la Grèce et de Chypre, il est manifestement moins connu que le bouzouki, instrument plutôt urbain à trois ou quatre doubles cordes, popularisé par le Rébétiko et par les « laïkà » (« chansons populaires ») au 20ème siècle.

Bien qu’il s’agisse d’un instrument traditionnel, le luth grec (comme le bouzouki) est, de nos jours, un instrument moderne et, d’une certaine façon, hybride. La plupart de ses variantes disposent notamment de mécaniques de réglage similaires à celles de la guitare, et de frettes – barrettes – fixes (dénommées « tàsta » / τάστα en grec) positionnées de demi-ton en demi-ton (même s’il en existe aussi dotés de mbérdèdhès / μπερντέδες également appelés pertèdhès / περτέδες ou parfois δεσμοί / dhesmi’ – « liens » – sortes de frettes mobiles sous forme de cordelettes liées autour du manche, plus traditionnelles, permettant des espaces variables – toutefois ces perthèdès font parfois office de frettes fixes, leur utilisation se justifiant alors pour des motifs tenant à l’esthétique ou à l’acoustique). Le luth grec s’inscrit dans l’histoire et s’est adapté, jusqu’à un certain point, aux mutations techniques.

On est bien loin de l’oud (ούτι), dont il tirerait son nom – comme tous les luths d’Europe.

Un autre instrument, pour le coup totalement hybride, existe en Grèce : la « laoutokithàra » / λαουτοκιθάρα dotée d’un corps de guitare avec les cordes et l’accordage d’un laoùto (voir le site du luthier Nikos Fronimopoulos, à l’adresse https://fronik.wordpress.com/2010/07/22/%ce%bb%ce%b1%ce%bf%cf%85%cf%84%ce%bf%ce%ba%ce%b9%ce%b8%ce%b1%cf%81%ce%b1/). Son fond est plat, comme celui de toutes les guitares, alors que la grande majorité des laoùto ont un fond bombé, comme le bouzouki.

A noter la particularité du « poli’tiko laoùto », dont les différentes parties sont en principe plus traditionnelles dans leur conception, par rapport aux autres luths en usage dans la musique grecque (frettes mobiles, mécanique de réglage en bois, etc.) – là encore des variantes sont toujours possibles, voir sur le site de Nikos Fronimopoulos un poli’tiko laoùto de sa création à l’adresse https://fronik.wordpress.com/2010/03/24/%CF%80%CE%BF%CE%BB%CE%B9%CF%84%CE%B9%CE%BA%CE%BF-%CE%BB%CE%B1%CE%BF%CF%85%CF%84%CE%BF-lauta/).

Pour se rendre compte de ces différences, rien ne vaut un déplacement chez les luthiers grecs – ou sur leurs sites…

Depuis quelques années, la fonction soliste du laoùto est mise en avant par de jeunes chanteurs populaires comme :

– le Crétois Mikhàlis Tzouganàkis / Μιχάλης Τζουγανάκης – sa chaîne Youtube : https://www.youtube.com/user/MichalisTzouganakis

– le Crétois Yiannis Kharoùlis / Γιάννης Χαρούλης – sa chaîne Youtube : https://www.youtube.com/user/GiannisHaroulisVEVO

– le Chypriote Giorgos Kalogirou / Γιώργος Καλογήρου, joueur de laoùto et guitariste ; voir sa page Facebook https://www.facebook.com/GiorgosKalogirouArtist/ ; sur YouTube interprétant un morceau traditionnel chypriote :  https://www.youtube.com/watch?v=L-jWh1deuXI ; on trouve de lui plusieurs vidéos tournées dans la célèbre boutique Xilouris du Musée des instruments de musique populaires grecs (Μουσείου Ελληνικών λαικών μουσικών οργάνων) situé à Plaka, sur la chaîne YouTube Greekinstruments : https://www.youtube.com/watch?v=gsRxduNPzK8 ;

– le Chypriote Alkinoos Ioannidis / Αλκίνοος Ιωαννίδης, également joueur de laoùto et guitariste – sa chaîne Youtube : https://www.youtube.com/user/alkinoosofficial

Le laoùto peut se transformer en instrument de pure virtuosité.

Au laoùto stérianô, se distinguent entre autres Christos Zotos / Χρήστος Ζώτος et celui qui peut être considéré comme son successeur spirituel, Vassilis Kostas / Βασίλης Κώστας.

L’une des spécificités de leur jeu est de transposer au luth les solos de clarinette des musiques de l’ouest de la Grèce !

Voir ici :

Dans un tout autre genre, le Crétois Giorgis Xylouris, dit Psarogiorgis / Ψαρογιώργης : https://facebook.com/psarogiorgis/

Et Léonidas Laïnàkis / Λεωνίδας Λαϊνάκης, également joueur de boulgari :
https://facebook.com/Λεωνιδας-Λαινακης-1466194400080712/

Panayiotis Lipsos

* Extrait de traduction française tiré de « Pernot Hubert. Le roman crétois d’Erotokritos. » In: Revue des Études Grecques, tome 28, fascicule 127,1915. pp. 129-183 ; http:// www. persee .fr/doc/reg_0035-2039_1915_num_28_127_6839.

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Photos du concert de Rébétiko de Dirdira Dar Dar à Bayonne (28 juin 2017)

Il soufflait sur Bayonne un vent à transformer les licornes en pottocks.

Devant le Bistrot, quartier Saint-Esprit, les services de la voirie s’affairaient sous la pluie, au brise-roche hydraulique

En pleine nuit, pour ne pas perturber la circulation.

Vite couvert par le son du Rébétiko, qui résonnait depuis le fond du bar : bouzouki, guitare, accordéon, percussions, baglama grec.

De « Mès tis pôlis to Hamam » / Μες της πόλης το χαμάμ à « Misirlou » / Μισιρλού, en passant par « Kolonàki tzitzifiès » / Κολωνάκι Τζιτζιφιές de Màrkos Vamvakàris.

Sans jamais surjouer, sans jamais faire semblant. Douce ironie, style, talent, joie de vivre, envie de fête : c’est la pâte Dirdira Dar Dar, le nouveau groupe de Niko et Txomin. Avec Domeka à l’accordéon et au baglama grec, Rafa à la guitare.

Né dans les ports de l’Egée, le Rébétiko n’a jamais refusé le voyage, ni la rencontre.

Quoi de plus logique finalement, que de l’entendre aussi au Pays basque.

Un concert de grande qualité.

Merci au public bayonnais.

Merci à Iban et Bastringue pour l’organisation.

Merci à Dirdira Dar Dar.

 

 

 

Le bouzouki de Niko. Bref interlude à l’extérieur.

Dirdira Dar Dar. Photos PL http://www.philiki.org

 

 

 

Dirdir Dar Dar.  Photos PL http://www.philiki.org

 

 

 

 

Zéimbekiko improvisé par Txomin.

Danse orientale surgie du public, avec Marina Chifflet – http://www.marinachifflet.com/

Photos PL http://www.philiki.org

 

 

 

Dirdira Dar Dar. Photos PL http://www.philiki.org

 

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Dirdira Dar Dar. Photos PL http://www.philiki.org

 

– Photos PL

Panayiotis Lipsos

Lire aussi :

Bertsu franco-grec sur l’Adour : de la lyre crétoise au bouzouki avec le groupe Errebetiko Ρεμπέτικο στην Χώρα των Βάσκων

https://philiki.org/2017/03/25/bertsu-franco-grec-sur-ladour-de-la-lyre-cretoise-au-bouzouki-avec-le-groupe-errebetiko/

Du Rébétiko sauce Dirdira Dar Dar le 28 juin 2017 à Bayonne

https://philiki.org/2017/06/24/du-rebetiko-sauce-dirdira-dar-dar-le-28-juin-2017-a-bayonne/

 

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Publié dans δ / Musique Μουσική

Du Rébétiko sauce Dirdira Dar Dar le 28 juin 2017 à Bayonne

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Bouzouki, accordéon, darbouka.

Le Rébétiko à Bayonne, c’est désormais Dirdira Dar Dar.

Le mercredi 28 juin 2017 à partir de 19h30 (avec d’autres groupes).

« Le Bistrot », quartier St Esprit, 7 place de la République à Bayonne.

Publié dans ξ / Agenda Ημερολόγιο

Coup de coeur : les Enluminures grecques de la Bibliothèque nationale de France Οι ελληνικές μικρογραφίες της Εθνικής Βιβλιοθήκης της Γαλλίας

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« Trésors de Byzance. » Catalogue d’exposition de manuscrits grecs publié par la BNF. 2005. (clic pour agrandir)

On connaît les enluminures médiévales d’Europe de l’Ouest.

Nombre d’ouvrages grecs du Moyen âge étaient également illustrés.

Des manuscrits religieux, certes (ceux-ci représentent la grande majorité des livres diffusés dans l’Empire romain d’Orient / Empire byzantin), mais aussi des ouvrages profanes.

La Bibliothèque nationale de France (BNF) en conserve quelques uns (on peut avoir un aperçu de ce patrimoine sur le lien http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc209838 ou sur « pinakes » http://pinakes.irht.cnrs.fr/).

Elle a édité de remarquables catalogues qui peuvent servir de guide pour s’y retrouver dans les méandres de ses manuscrits grecs (ou de ceux qui sont conservés dans d’autres bibliothèques de France), tels que :

– le « Catalogue des manuscrits grecs, Tome III-1 : Supplément grec, n° 1 à 150 », de Charles Astruc, Marie-Louise Concasty, Cécile Bellon, Christian Förstel (http://editions.bnf.fr/catalogue-des-manuscrits-grecs-iii-1-suppl%C3%A9ment-grec-n%C2%B0-1-%C3%A0-150) ;

« Les manuscrits grecs datés des XIIIe et XIVe siècles conservés dans les bibliothèques publiques de France », de Paul Géhin, Michel Cacouros, Christian Förstel et al., avec la collaboration de Dominique Grosdidier de Matons (http://editions.bnf.fr/les-manuscrits-grecs-dat%C3%A9s-des-xiiie-et-xive-si%C3%A8cles-conserv%C3%A9s-dans-les-biblioth%C3%A8ques-publiques-de).

Les plus abordables sont – ou étaient – deux fascicules publiés avec 40 ans d’écart :

« Trésors de Byzance, Manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale de France« , de Christian Förstel, opuscule publié « à l’occasion de l’exposition « Trésors de Byzance » organisée, parallèlement au XXe Congrès international des études byzantines, et présentée à la Bibliothèque nationale de France (…) du 20 août au 2 septembre 2001 » ; ce petit guide est malheureusement épuisé.

– et « Byzance et la France médiévale, manuscrits à peintures du IIe au XVIe siècle« , publié en 1958 et… heureusement disponible en ligne (permalien http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6459268m).

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« Byzance et la France médiévale ». (clic pour agrandir)

Nos coups de coeur…

Les « Theriaca » (Θηριακά), un « poème médical » du 2ème siècle avant J.C., qui reprend notamment les antidotes nécessaires aux piqures infligées par certains animaux (serpents, scorpions…). La BNF possède un manuscrit qui aurait été réalisé au 10ème siècle de notre ère, donc 1200 ans après.

Ses illustrations sont pour le moins surprenantes, pour qui penserait que le monde « byzantin » s’était définitivement converti à l’image abstraite et décharnée (références BNF Supplément grec 247 – 1001-1100 Description NICANDER. Theriaca permalien http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10532610b) :

 

 

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Le manuscrit surnommé le « Psautier de Paris », qui n’est évidemment pas d’origine parisienne (daté par les spécialistes du 10ème siècle de notre ère, référence BNF  « Grec 139« ).

Ici, la « Noyade de l’armée de Pharaon » et « David décapitant Goliath »). Surprise – pour le profane dont votre serviteur, en tout cas – les traits des soldats ou du moins, de leur tenue, semblent avoir quelque chose d’annonciateur d’un certain style de la Renaissance italienne :

 

 

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Toujours dans le même manuscrit : « David gardant son troupeau », avec cet on ne sait quoi d’orphique, et « David glorifié par les femmes d’Israël », toujours le thème biblique mêlé à l’esthétique de l’antiquité gréco-romaine :

 

 

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Les « Homélies de Grégoire de Nazianze » (11ème siècle de notre ère – référence BNF Manuscrit « Grec 533 »), dont nous retiendrons cette fois les scènes les plus bucoliques, peut-être inspirées de la vie des paysans byzantins  : « Paysan tondant un mouton » et  » Pasteurs et troupeaux » :

 

 

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Passons à quelque chose de plus sévère avec les « Traités théologiques » de l’Empereur Jean VI Cantacuzène (14ème siècle de notre ère, référence BNF Manuscrit Grec 1242).

A gauche, ceci n’est pas un pope orthodoxe d’aujourd’hui, même si cela y ressemble fortement. Il s’agit de l’Empereur byzantin Jean VI Cantacuzène, en tenue d’Empereur et en tenue de moine. A droite, une représentation de la transfiguration du Christ. On s’attend davantage à cela quand on parle « images byzantines ». A noter cependant, la modernité du concept mêlant lumière abstraite et stylisée et personnages plus « réalistes » :

 

 

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Toujours avec les Homélies de Grégoire de Nazianze mais cette fois-ci un manuscrit du 9ème siècle de notre ère (référence BNF, Grec 510) : en bande dessinée, le  martyre de Saint Thomas (à gauche) et  le rêve de Constantin avant la bataille du Pont Milvius, suivi de la trouvaille de la Sainte Croix par Sainte Hélène (à droite) :

 

 

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Encore avec Grégoire de Nazianze, un style différent (manuscrit du 12ème siècle, référence BNF Grec 550) – chercher la petite bête :

 

 

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Un Tétraévangile (référencé à la BNF Coislin 195), où chaque évangéliste paraît chercher l’inspiration ou se reposer, dressé sous des traits qui touchent par leur finesse et leur naturel (10ème siècle de notre ère).

 

 

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Tout ceci n’est qu’un aperçu qui interroge.

Les manuscrits « byzantins » sont dispersés dans diverses bibliothèques de par le monde. Mais après le sac de Constantinople de 1204 par les « Latins », la longue agonie de l’Empire byzantin puis la prise de sa capitale, cette fois par les Ottomans, en 1453, combien d’autres merveilles perdues ? C’est tout le talon d’Achille de cet héritage des Grecs d’aujourd’hui, orphelins de l’Empire qui a tant forgé leur culture.

L’art de l’enluminure grecque ne mérite pas d’être à ce point ignoré du public…

Panayiotis Lipsos

Sources des images : BNF. Images des catalogues reproduites avec l’autorisation de la BNF. En cas d’erreur sur les droits ou sur la numérotation des manuscrits, merci de nous contacter via les commentaires pour retrait immédiat.

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