Découvrir la littérature grecque grâce à Emile Legrand

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Peu de philhellènes connaissent Emile Legrand (1841-1903).

On lui doit pourtant, avec d’autres comme le grec Constantin Sathas (1842-1914), d’avoir fait découvrir aux Français du 19ème siècle des pans entiers de la littérature grecque. En traduisant ou en éditant des textes allant du Moyen âge (comme l’épopée de Digénis Akritas) jusqu’à son époque.

Son principal mérite est d’avoir su sortir de la fascination monomaniaque pour la Grèce ancienne qui hantait la plupart de ses contemporains. Une fascination qui a forgé cette image parcellaire de la culture grecque, totalement déséquilibrée, limitée à l’antiquité classique, causant cette ignorance crasse, palpable encore aujourd’hui, pour tout ce que la grécité a produit au Moyen âge et aux époques plus récentes.

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Grâce à Internet, l’oeuvre d’Emile Legrand se perpétue.

Ses traductions, libres de droit, sont faciles à trouver sur la toile (au format .pdf notamment), gratuitement. Elles comportent souvent une reproduction du texte grec sur lequel elles se fondent.

Il est bien sûr important de faire travailler les traducteurs modernes, qui font vivre cet intérêt pour la culture grecque, écrivent dans un langage qui nous est plus familier et disposent de davantage de sources que leurs prédécesseurs du 19ème siècle.

Mais pour qui veut s’initier à la littérature grecque médiévale, le travail d’Émile Legrand – on trouve parfois son nom sous la forme truculente Αιμύλιος Λεγράνδιος dans les éditions en langue grecque qu’il a préfacées – offre une première approche très accessible.

Nombre de ses traductions figurent dans la collection intitulée « Collection de monuments pour servir à l’étude de la Langue Néo-Hellénique ».

On peut suggérer une recherche sur ANEMI, la remarquable bibliothèque en ligne de l’Université de Crète, avec les items « Collection de monuments pour servir à l’étude de la Langue Néo-Hellénique » ou « Emile Legrand » :

http://anemi.lib.uoc.gr/search

Si vous passez par le cimetière du Montparnasse, ayez une pensée devant la tombe d’Emile Legrand.

En attendant, à vos liseuses, tablettes et autres ordinateurs pour découvrir la littérature grecque médiévale. Entre autres…

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BD grecque : « 1453 »

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« 1453 », la couverture. Dans le fond, la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, encore chrétienne, avant qu’elle ne soit transformée en mosquée par le conquérant de la ville. Avec l’autorisation des éditions Anubis – un clic pour agrandir.

Constantinople, Constantiniye, Istanbul.

Le 29 mai 1453 la capitale de l’Empire romain d’Orient, ou Empire « byzantin », tombe entre les mains du Sultan ottoman Mehmet II.

Cette date exerce encore sa fascination. Chez les Grecs modernes, descendants directs des « Byzantins » – qui s’appelaient eux-mêmes « Romains » et avaient le grec, qui pour langue maternelle, qui pour langue véhiculaire.

Mais aussi en Turquie: en témoignent le film turc « Fetih 1453 » (« la conquête 1453 ») sorti en 2012, tout à la gloire du conquérant ottoman, ou encore la fanfare Mehter qui célèbre la conquête de la ville tous les 29 mai à Istanbul.

La BD ne pouvait pas être en reste.

Deux Grecs, le dessinateur Nikos Pagonis et le scénariste Orestis Manousos, ont proposé dès 2008 l’adaptation en bande dessinée de la prise de celle que les Grecs nomment encore « la Ville » (η Πόλης, i pOlis).

Le graphisme de « 1453 » rappelle sensiblement l’univers des jeux vidéos d’alors.

La BD se lit comme un sympathique scénario d’action, marqué par l’exotisme d’une époque méconnue.

Elle regorge de références historiques.

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Aux couleurs de la Sérénissime, Nikiphoros Kallérgis arrive à Constantinople. Avec l’autorisation des éditions Anubis – un clic pour agrandir.

Le lecteur est invité à suivre les traces de Nikiphoros (Nicéphore) Kallérgis, un jeune archer crétois au service de la République de Venise, qui possède alors la Crète. Nikiphoros décide de rester défendre Constantinople avec ses compagnons d’armes. Le nom de « Kallérgis » est sans doute un clin d’oeil du scénariste. Ce patronyme prestigieux revient souvent à travers les siècles dans l’histoire de la Crète et de la Grèce (jusqu’au 20ème siècle, via la figure controversée de Richard Nikolaus de Coudenhove-Kalergi).

Nikiphoros découvre une ambiance de fin de règne, et une cité qui n’est plus que l’ombre d’elle même, détruite deux siècles plus tôt par les Chrétiens d’Occident, comme il le rappelle au détour d’une page.

page 81(79)

Déspina, la jeune Génoise, en moniale orthodoxe. Avec l’autorisation des éditions Anubis – un clic pour agrandir.

Il y croise des portraits qui brossent le contexte: la fille d’un commerçant génois qu’il sauve du lynchage (une  brève allusion aux sanglantes tensions qui émaillent l’histoire tardive de l’Empire byzantin, entre la population byzantine et les commerçants génois souvent privilégiés par un pouvoir byzantin corrompu), ou encore un religieux plus obsédé par les querelles entre catholiques et orthodoxes que par la défense de la ville, sans oublier Giovanni Giustiniani, encore un Génois qui, sans l’appui de la République de Gênes, se porta volontaire avec 400 Génois et 300 Grecs des îles de la mer Egée pour secourir la Ville (espérant, dit-on, se voir attribuer l’île de Lemnos en échange) et y mourut. Enfin Constantin XI Paléologue, le dernier « Basileus » (en grec « Βασιλεύς », « Roi », le titre des Empereurs byzantins).

La BD nous épargne les trois jours et nuits de pillages et d’atrocités qui suivront la fin du siège et la mise en esclavage de ses 25.000 derniers habitants, tout en y faisant une cruelle allusion.

page 107 (105)

L’assaut des troupes ottomanes. Dans « 1453 » les Ottomans sont principalement appelés « Αγαρηνοί » (Agarini), nom par lequel les Byzantins désignaient souvent les Musulmans. Avec l’autorisation des éditions Anubis – un clic pour agrandir.

 

page 113 (111)

La charge du Basileus. Avec l’autorisation des éditions Anubis – un clic pour agrandir.

Au final une bonne petite BD. Le sujet à lui seul justifie le détour.

A ce jour l’album « 1453 » n’a pas été traduit en français.

1453
ISBN13    9789603066743
Εditeur    ANUBIS
Décembre 2008
140 pages

Tous nos remerciements aux éditions Anubis et à leur maison mère Compupress qui nous a fourni les planches publiées.

PL

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BD grecque en français: « Nom de Zeus » la crise grecque vue de l’Olympe

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« Nom de Zeus » la crise grecque vue de l’Olympe. Hermès aux côtés de Zeus brandissant un « mémorandum », nom donné en Grèce aux plans d’austérité. Avec l’autorisation des éditions M’Edite – un clic pour agrandir.

Enfin un livre sur la crise grecque qui ne risquera pas de vous servir de cale meuble.

Les publications se multiplient, plus ou moins inspirées, plus ou moins documentées, qui prétendent chacune avoir trouvé « la » cause – historique, sociologique, politique – de la crise de la dette hellénique et rarement évidemment, « la » solution.

Si vous préférez le rire aux prophètes du passé, « Nom de Zeus » est fait pour vous.

Imaginez l’Olympe ruiné par les dieux contraints de prendre des mesures plus catastrophiques les unes que les autres, comme réduire la vie des mortels, taxer les figures les plus connues de la mythologie grecque… tout cela pour servir une dette impossible à rembourser.

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Maintenant vous savez pourquoi les 300 n’étaient que 300 aux Thermopyles. Avec l’autorisation des éditions M’Edite – un clic pour agrandir.

En proposant une allégorie déjantée de la crise, « Nom de Zeus » (initialement publié en Grèce sous le titre “Θεοί σε κρίση”, “Dieux en crise”) revisite les légendes et l’histoire grecques. Du cheval de Troie aux oracles de la Pythie, en passant par Jason et la Toison d’or, la bataille des Thermopyles, le Minotaure, Dédale et Icare… Sans parler d’Hadès, le dieu des enfers, qui fait grève par opposition aux mesures d’austérité, contraignant les mortels à ne pouvoir mourir…

Le tout animé par des dieux de l’Olympe très tendance, qui déclenchent la rage des humains, orateurs et philosophes en tête, en lutte pour arracher la démocratie et la civilisation des griffes du « Dieu national monétaire » venu prodiguer ses bons conseils.

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La dette… Avec l’autorisation des éditions M’Edite – un clic pour agrandir.

C’est une révolte ? Non, Sire, c’est une révolution. Mais chut ! Ne « spoilons » pas. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé…

George Melissaropoulos alias Meliss est l’auteur de cet opus publié en français par les éditions Médite.

Il travaille aussi pour le dessin animé, et cela se ressent : le rythme est effréné, les cadrages et les dialogues rappellent incontestablement le monde du dessin animé.

La traduction française est bien menée, et ne se prive pas de quelques allusions franco-françaises.

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A Delphes la Pythie se fait du souci. Avec l’autorisation des éditions M’Edite – un clic pour agrandir.

 

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Avec l’autorisation des éditions M’Edite – un clic pour agrandir.

Meliss a construit un récit facile et sans prétention qui se lit à plusieurs degrés.

« Nom de Zeus » circulera de mains en mains bien avant de rejoindre votre bibliothèque. On y trouvera quelques clins d’oeils à la vie politique grecque  (comme le fameux « λεφτά υπάρχουν », « il y a de l’argent » que les Grecs reconnaîtront), sans qu’il soit  pour autant indispensable d’avoir la moindre connaissance en la matière pour apprécier la BD.

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Héra dans « Lysistrata » d’Aristophane. Avec l’autorisation des éditions M’Edite – un clic pour agrandir.

Les éditions M’édite proposent une offre intéressante pour qui enseigne ou apprend le grec, pour les bilingues ou encore pour qui veut simplement pouvoir apprécier le travail du traducteur : pour 20 euros TTC, un « Pack » avec la version originale grecque ΘΕΟΙ ΣΕ ΚΡΙΣΗ en fichier PDF et la version française en version papier (laquelle est disponible seule pour 17,9 € TTC).

La couverture de l'original grec "Θεοί σε κρίση" - "Dieu en crise". Avec l'autorisation des éditions Médite - un clic pour agrandir.

La couverture de la version originale en grec « Θεοί σε κρίση » – « Dieux en crise » – un clic pour agrandir.

Pour ceux qui souhaitent encore fêter Noël après Noël, avec les dieux pluriels.

 

Merci aux éditions M’édite (la maison du dictionnaire) pour nous avoir fourni les planches.

Nom de Zeus… La crise grecque vue de l’Olympe
Editeur :  M’édite (la maison du dictionnaire)
septembre 2015
88 pages
ISBN-10: 2856083110
ISBN-13: 978-2856083116

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L’héritage de l’architecte Candilis, à Paris… et à Pau!

Un séminaire sur l’architecte grec Georges Candilis se tiendra à la Fondation hellénique, à la Cité universitaire internationale de Paris, le 27 novembre 2015, en coopération avec l’Université de la Sorbonne.

Georges Candilis, grec né à Bakou (Azerbaïdjan), gagne la France en 1945 après des études à Athènes.

Il travaille avec Le Corbusier avant de rejoindre la « Team ten », un groupe d’architectes dont la volonté était justement de rompre avec  leurs prédécesseurs, dont Le Corbusier. Candilis en sera l’un des principaux organisateurs et chefs de file.

Ce que l’on sait peu, à Pau, c’est que ce nom de l’architecture d’après-guerre a également œuvré dans la capitale béarnaise.

Il est l’architecte de l’immeuble qui se trouve encore aujourd’hui au 4, boulevard des Pyrénées.

Un immeuble bâti en 1966.

L’architecture des années 60 ne plaît pas nécessairement à tout le monde… Mais pour les passionnés de l’histoire de l’architecture du 20ème siècle, c’est à savoir.

La plaquette du séminaire.

La plaquette du séminaire – un clic pour agrandir.

La plaquette du séminaire (suite) – un clic pour agrandir.

Et si vous êtes vraiment fan d’architecture, un lien pour plus de détails sur l’immeuble en question:  http://www.pss-archi.eu/immeubles/FR-64445-29034.html

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Le grec sifflé s’invite à l’Université de Pau! – Η ελληνική σφυριχτή γλώσσα στο Πανεπιστήμιο του Πω!

bearngreceUne présentation du langage sifflé du village d’Aas, en Béarn, aura lieu le mercredi 18 novembre à 18h30, à l’amphi 3 de la Faculté de Lettres de Pau.

A cette occasion le langage sifflé du village grec d’Antia, dans le sud de l’île d’Eubée, sera également évoqué.

Comme nous l’explique M. Gérard Pucheu, de l’association « Lo siular d’Aas » (« le siffleur d’Aas » en béarnais), un siffleur béarnais auquel on fait lire des mots grecs en transcription « phonétique » est capable de prononcer les mots grecs en langage sifflé et de se faire comprendre des siffleurs grecs du village d’Antia, et inversement.

Cela ne signifie pas que le siffleur béarnais comprenne le sens des mots grecs en langage sifflé s’il ne parle pas grec, mais il est capable de les restituer dans ce langage.

Les deux systèmes grec et béarnais fonctionnent de la même manière. Ils sont fondés sur le même système simplifié de restitution des voyelles et des consonnes.

Rendez-vous donc à la Fac de Pau.

Liens utiles :

Le site de l’association « Lo siular d’Aas » : http://sibilinguae.blog4ever.com

Le site internet du village grec d’Antia qui présente sa langue sifflée : http://sfyria.com (en grec)

Si vous voulez dire Kaliméra (bonjour) en langage sifflé, c’est ici : http://sibilinguae.free.fr/3kalimera.mov

– –

Στις 18 Νοεμβρίου, στο Πανεπιστήμιο του Πω, θα παρουσιασθεί η σφυριχτή γλώσσα του χωριού Αάς, στο Μπεάρν (νοτιοδυτική Γαλλία).

Με την ευκαιρία αυτή θα γίνει αναφορά και στην σφυριχτή γλώσσα του ελληνικού χωριού Αντιά, στην νότια Εύβοια.

Όπως μας το εξήγησε ο Κύριος Ζεράρ Πυσέ, του συλλόγου « Lo siular d’Aas » (« ο σφυριχτής του Αάς » στα μπεαρνέζικα), ένας μπεαρνέζος σφυριχτής που διαβάζει ελληνικές λέξεις σε « φωνητική » μεταγραφή είναι σε θέση να προφέρει τις ελληνικές λέξεις στην σφυριχτή γλώσσα, και να γίνει κατανοητός απο τους έλληνες σφυριχτές, και αντίστροφα.

Αυτό δεν σημαίνει ότι ο μπεαρνέζος σφυριχτής καταλαβαίνει το νόημα των ελληνικών λέξεων στην σφυριχτή γλώσσα αν δεν μιλά ελληνικά, αλλά μπορεί να τις αποδώσει στην γλώσσα αυτή.

Τα δυο συστήματα, το ελληνικό και το μπεαρνέζικο, λειτουργούν με τον ίδιο τρόπο. Βασίζονται στο ίδιο απλοποιημένο σύστημα απόδοσης των φωνηέντων και των συμφώνων στην σφυριχτή γλώσσα.

Σας δίνουμε ραντεβού στο Πανεπιστήμιο του Πω.

Χρήσιμες συνδέσεις :

Ο ιστοχώρος του συλλόγου « Lo siular d’Aas »: http://sibilinguae.blog4ever.com

Ο ιστοχώρος του ελληνικού χωριού Αντιά που παρουσιάζει την σφυριχτή του γλώσσα : http://sfyria.com/

Για να πείτε καλημέρα στην σφυριχτή γλώσσα, κάντε κλικ εδώ : http://sibilinguae.free.fr/3kalimera.mov

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Chansons et contes populaires en dialectes grecs d’Italie (m. à j.) – Τραγούδια και παραμύθια στις Ελληνικές διαλέκτους της Ιταλίας

Deux chansons en gréco-calabrais. Extraites du recueil

Deux chansons en grec du Salento. Elles sont extraites du recueil « Chansons et contes populaires de la Calabre » d’Emile Legrand mais viennent en fait des Pouilles. – un clic pour agrandir

Deux chansons en gréco-calabrais. Extraites du recueil

La traduction d’Emile Legrand.  « Chansons et contes populaires de la Calabre », Paris, 1870 – un clic pour agrandir.

En 1870, l’helléniste Emile Legrand faisait paraître un recueil intitulé « Chansons et contes populaires de la Calabre » – grâce à Giuseppe De Pascalis nous nous sommes rendus compte que le titre était trompeur, car les chansons qui y sont présentées sont en dialecte grec des Pouilles.

Ces chansons sont écrites avec l’alphabet latin – elles sont désormais disponibles sur Internet et téléchargeables via google books (libres de droits). Pour l’origine précise de ces chants, village par village, voir  « Studi sui dialetti greci della terra d’Otranto » de Giuseppe Morosi.

En ce début de 21ème siècle, deux dialectes grecs subsistent encore de façon très minoritaire dans le sud de l’Italie – une grammaire de ces dialectes est disponible sur le site Greco Sud Italia.

Les deux isolats linguistiques grecs en Italie.

Les deux isolats linguistiques grecs en Italie. En Calabre, et dans les Pouilles.

Au fil du temps ces deux dialectes ont été très influencés par l’italien et sont malheureusement en voie de disparition.

Mais certains semblent déterminés à conserver la flamme.

En Calabre, c’est dans la province de Reggio qu’on peut encore entendre quelques locuteurs du gréco-calabrais, ou Grécanico, qui était parlé dans tout le sud de cette région jusqu’aux 15ème-16ème siècle – voir www.grecanica.com, www.grecanica.it, www.galareagrecanica.it. Une étude précise de ce dialecte a été publiée dès 1880 en italien (« Il dialetto greco-calabro di Bova », Astorre Pellegrini, éd. Ermanno Loescher, 1880 – libre de droits cet ouvrage est trouvable sur internet).

Diffusion du dialecte gréco-calabrais – Image wiki media

Dans les Pouilles, c’est au sud, dans le talon de la botte italienne, que quelques habitants parlent encore le « Griko », dans la province de Lecce, dans onze villages du Salento. Dont le village de Calimera – « Καλημέρα », « Bonjour ».

Ces villages se sont regroupés au sein d’une communauté de communes sous le nom de « Grecia Salentina », et semblent pouvoir compter sur l’engagement de militants très actifs, y compris sur Internet (voir le site de la communauté de communes www.greciasalentina.gov.it, et les sites grikamilume.blogspot.fr, www.e-griko.eu, www.glossagrika.it, « la lingua grika di Sternatia »www.enosi-griko.org). Nombre de ces militants semblent estimer que parler de dialecte est minoratif et préférer les termes « langue grecque » à ceux de « dialecte grec ».

L’association « Grika Milume » (« Nous parlons grec ») publie un périodique intitulé « i spitta » (« l’étincelle, en grec standard « i spitha » « η σπίθα »).

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L’association « Grika Milume » publie un périodique intitulé « i spitta »

Un texte en Griko du Salento (« e » se prononce « é », « su » se prononce « sou » et « ce » se prononce grosse modo  « djé ») et sa traduction en substance – d’après le site  Rize Grike  :

– Isela na su pò – Je voulais te dire

(en grec standard  « Ithela na sou po » « ΄Ηθελα να σου πω »).

ìsela na su pò ce e’ mmu bastèi Je voulais te dire et je n’en suis pas capable

na pài n’is pì tti mana-su d’aller dire à ta mère

na pài n’is pì tti mana-su na se rmasi d’aller dire à ta mère de te marier

Le mot qui signifie « et » (« kai », « και ») s’écrit « ce » et se prononce « djé » en grec du Salento, ce qui rappelle le grec crétois ou le grec chypriote.

La poésie populaire en dialecte grec du sud de l’Italie continue d’intéresser les passionnés et les chercheurs (pour une étude récente : « Il dialetto greco salentino nelle poesie locali: testi, note grammaticali – Vocabolario etimologico » de Stephanos Lambrinos Amaltea edizioni, Le Castrignano dei Greci, 2001).

Les hellénophones reconnaîtront également des titres en grec parmi les morceaux du groupe Canzoniere Grecanico Salentino – comme « E chorà tu anemu », « le pays du vent » ou la chanson « itela », « je voulais », dans l’album Pizzica Indiavolatta. Ou du groupe Arakne Mediterranea (« Sto corafaci-su »). Un groupe de Grecs de Grèce, « Encardia » se consacre également aux traditions musicales du Salento.

Le groupe Canzoniere Grekaniko Salentino compte plusieurs chansons en dialecte grec du Salento dans son répertoire.

De même que le groupe Arakne Mediterranea.

Et le groupe grec de Grèce Encardia.

Et le groupe grec de Grèce Encardia.

Certains se demandent si ces grécophones sont des descendants des Grecs installés en Italie du Sud dans l’antiquité, bâtisseurs de la « Grande Grèce », ou à l’époque de l’Empire romain d’orient (« Empire byzantin »), ou encore s’ils sont venus au Moyen Age, fuyant la conquête ottomane, ou tout cela à la fois.

En 1935, l’écrivain et poète Domenicano Tondi, originaire du Salento, écrivait: «(…) depuis trois mille ans nous sommes en Italie… nous parlons grec, pas parce que nous sommes des étrangers, mais parce que nous sommes les habitants les plus anciens du lieu. » (Domenicano Tondi, « Glossa. La lingua greca del Salento », Ed. Cretesi, Noci 1935).

Merci à Giuseppe De Pascalis  pour son aide précieuse

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Mont Athos, Monastère de Dokhiariou (octobre 2015) – Άγιο Όρος, Ιερά Μονή ∆οχειαρίου (οκτώβριος 2015)

Nul besoin d’adhérer à la spiritualité orthodoxe pour apprécier la beauté des monastères de l’Athos (en grec « to Ayiô Oros », « το Άγιο Όρος »,  « la Sainte Montagne »).

Des flots de l’Egée surgit « la Sainte Montagne ». Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

 Le monastère de Dokhiariou (Ιερά Μονή ∆οχειαρίου), à l'ouest de la péninsule de l'Athos. Dédié aux archanges Michel et Gabriel.

Le monastère de Dokhiariou (Ιερά Μονή ∆οχειαρίου), à l’ouest de la péninsule de l’Athos. Dédié aux archanges Michel et Gabriel. Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

Un bateau nommé

Un bateau nommé « Άξιον Εστί » – « Axion Esti », « Il est digne ». « Il est digne en vérité de Te célébrer » (« Cantique à la Mère de Dieu », hymne orthodoxe). En 1959 Odysséas Elytis en fera le titre de l’un de ses poèmes devenu mythique. Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

Mont Athos, octobre 2015 - un clic pour agrandir

Bienvenue ailleurs. Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

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L’un des vingt monastères de la péninsule de l’Athos. Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

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Byzance après Byzance. Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

Mon Athos, octobre 2015. - un clic pour agrandirLe Mont Athos est un haut lieu de la spiritualité mystique orthodoxe, au cœur de laquelle se trouvent l’hésychasme, la théologie des énergies divines et la « Théosis », aussi appelée « déification » ou « divinisation », que l’on peut résumer par ces mots de Saint Athanase d’Alexandrie dans son « Discours sur l’incarnation du verbe » : « Il s’est fait homme afin que nous soyons divinisés » souvent traduit par « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu », ou en grec de l’époque «  54.3 Αὐτὸς γὰρ ἐνηνθρώπησεν, ἵνα ἡμεῖς θεοποιηθῶμεν· » in ΤΟΥ ΑΓΙΟΥ ΑΘΑΝΑΣΙΟΥ ΛΟΓΟΣ ΠΕΡΙ ΤΗΣ ΕΝΑΝΘΡΩΠΗΣΕΩΣ ΤΟΥ ΛΟΓΟΥ ΚΑΙ ΤΗΣ ΔΙΑ ΣΩΜΑΤΟΣ ΠΡΟΣ ΗΜΑΣ ΕΠΙΦΑΝΕΙΑΣ ΑΥΤΟΥ.  Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

 Une architecture extraordinaire, dont les Grecs d'aujourd'hui s'inspirent trop peu. - un clic pour agrandir

Une architecture extraordinaire. – Photo L.E., un clic pour agrandir

Mont Athos, octobre 2015 - un clic pour agrandir

Les monastères de l’Athos forment une République monastique autonome. Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

« Etre ou ne pas être ». Crânes de moines. Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

Mont Athos, octobre 2015 - un clic pour agrandir

Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

Mont Athos, octobre 2015 - un clic pour agrandir

Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

Mont Athos, octobre 2015 - un clic pour agrandir

Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

Mont Athos, octobre 2015 - un clic pour agrandir

Mont Athos, octobre 2015 – Photo L.E., un clic pour agrandir

Merci à Léonidas de nous avoir confié ces photographies.

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