L’épitaphe grecque de Jim Morrison

La tombe de Jim Morrison au Père-Lachaise - un clic pour agrandir

La tombe de Jim Morrison au Père-Lachaise – un clic pour agrandir

La tombe de Jim Morrison, au cimetière du Père-Lachaise, porte ces lignes dont la dernière dans la langue d’Homère  :

«
JAMES DOUGLAS MORRISON
1943-1971
ΚΑΤΑ ΤΟΝ ΔΑΙΜΟΝΑ ΕΑΥΤΟΥ
»

D’horribles barrières protègent la sépulture du chanteur des Doors, couverte de fleurs. De ces barrières mobiles en métal, qu’on utilise dans les manifestations. Les pèlerins qui se pressent derrière connaissent-ils le sens de ces quatre mots ?

Un Grec d’aujourd’hui les prononcerait ainsi : « katA tôn dhAImona eaftOU » (à accentuer sur les majuscules – le « dh » se dit comme le « th » anglais dans « the »).*

L'épitaphe de Jim Morrison - un clic pour agrandir

L’épitaphe de Jim Morrison – un clic pour agrandir

A première vue, en mot à mot, cela signifie quelque chose comme « selon son propre démon ». La formule peut se comprendre d’instinct mais elle reste obscure. Dans nos esprits modernes le mot « δαίμονας » (dhAimonas), démon, a perdu de sa richesse et se réduit au registre « démoniaque » ou « diabolique ».

Ouvrons donc le Bailly, le dictionnaire grec ancien – Français. Non pas l’abrégé, mais le « Grand Bailly », celui qu’on a recommandé pendant des décennies, quand il avait encore sa belle couverture rouge, aux collégiens et lycéens de France  (à ceux qui avaient l’idée folle de préférer le grec ancien au latin…). Rien de mieux pour rechercher l’étymologie grecque d’un mot ancien, médiéval ou moderne.

A « δαίμων » , on lit : « dieu, déesse ; un dieu, une divinité ». Ou encore « destin, sort » ; « la fortune, le hasard » ; « οι δαίμονες, sorte de dieux inférieurs » ; « âme d’un mort » ; « génie attaché à chaque homme (…) et qui personnifie en quelque sorte son destin ». Le Bailly traduit l’expression « κατά δαίμονα » par « comme il plaît aux dieux ». Sur l’épitaphe de Morrison l’expression est suivie de « εαυτού », ce qui veut dire qu’il s’agit de son propre « génie », ou « démon ».

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Extrait du Bailly – un clic pour agrandir

Sur la tombe du Dieu du rock, « selon son propre démon » signifie donc  qu’il a suivi ce que lui dictait son âme, sa conscience et son génie propre. Qu’il a vécu et qu’il est mort en conformité avec ce qu’il était au fond de lui-même. Mais aussi sans doute, qu’il ne pouvait échapper à son destin. Comme dans les tragédies grecques dont on connaît la fin à l’avance, sans que cela n’empêche les personnages de livrer bataille avec la dernière énergie, et de jouer leur partition jusqu’au bout. C’est leur devoir.

On n’est jamais déçu quand on flâne dans son vieux Bailly, en écoutant les Doors.

The End. Τέλος. Un clic pour agrandir.

The End. Τέλος.

* note : par simplicité les mots grecs ont ici été reproduits sous leur forme « démotique » moderne, sans esprits et uniquement avec les accents aigus, et leur prononciation moderne retranscrite en français plutôt qu’en phonétique ; nos excuses aux puristes.

PL

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Publié dans ζ / Langues - Dialectes grecs & Grecs du Monde Γλώσσα - Ελληνικές διάλεκτοι & Έλληνες του Κόσμου

Le monument aux volontaires grecs morts pour la France du Cimetière du Père-Lachaise

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Photo PL – un clic pour agrandir.

On y accède directement par la porte du cimetière située à l’angle de l’avenue du Père-Lachaise et de la rue des Rondeaux, dans le 20ème arrondissement de Paris. 88ème division, avenue des Combattants Étrangers Morts pour la France.

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Photo PL – un clic pour agrandir.

La victoire de Samothrace surplombant une colonne ionique, et ces mots : « À la mémoire des engagés volontaires hellènes morts pour la France 1870 – 1914-1918 – 1939-1945 ».

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En partie supérieure, on lit cet extrait attribué à Périclès par Thucydide dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse, « ΑΝΔΡΩΝ ΕΠΙΦΑΝΩΝ ΠΑΣΑ ΓΗ ΤΑΦΟΣ » que l’on trouve ainsi traduit : « les hommes éminents ont la terre entière pour tombeau » (Thucydide, livre II, XLIII). Photo PL – un clic pour agrandir.

Le monument fut érigé en 1953 au cimetière du Père-Lachaise par l’association des anciens combattants engagés volontaires Hellènes dans l’armée française. Avec, selon la plaque apposée près du monument, les dons « de la colonie hellénique », des Philhellènes de France et de l’Union française, sur un terrain offert par la Ville de Paris. Il rappelle ces oubliés de l’histoire franco-hellénique, à proximité du monument érigé à la mémoire des combattants arméniens.

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Photo PL – un clic pour agrandir.

En passant devant, on ne peut s’empêcher de penser que par delà la Grande Histoire, il y a cette multitude d’histoires particulières, les destins de chacun de ces hommes croisant celui de la France.

D’où venaient-ils, qui étaient-ils ? Quelle patrie perdue avaient-ils laissée derrière eux pour la France ? Quelles saveurs, quels paysages, quel dialecte hellénique avaient-ils en tête lorsqu’ils songeaient au passé ?

Il existe un autre monument, numérique celui-là, qui peut nous aider à trouver quelque réponse : la base de données « Mémoire des hommes », qui met en ligne les archives du Ministère de la Défense.

En effectuant une recherche nominative, les vies défilent sur les fiches d’époque.

Et les origines.

Grecs de Grèce, ou Français dont le nom grec témoigne de parcours insoupçonnés.

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La fiche de Constantin Kyriacopoulos, né à Paris – un clic pour agrandir.

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La fiche de Vassilios Zacharopoulos, né à Athènes – un clic pour agrandir.

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La fiche de Constantin Sotiropoulos, né à Samos – un clic pour agrandir.

Ne cochez surtout pas la case « Grèce » du formulaire de recherche. Vous vous mettriez des œillères, comme à chaque fois qu’on essaie d’aborder la réalité grecque à travers le seul territoire de la Grèce actuelle.

Il y a aussi, en grand nombre, ces « Grecs d’ailleurs », souvent des Grecs de l’Empire ottoman venus de ces terres où furent portés des noms si grecs pendant des siècles et où on n’en entend pratiquement plus aujourd’hui ; de ces lieux de naissance qu’on n’écrirait plus de la même manière sur un registre officiel français : « Constantinople »   (au lieu d’Istanbul), « Asie mineure »  (au lieu de « Turquie »), Smyrne (au lieu de « Izmir »).

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La fiche de Jean Sotiropoulos, « né à Aïvaly, Département : Grèce » (sic) – un clic pour agrandir.

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Autre fiche du même Jean Sotiropoulos,  « né à  Aïvaly, Département :    Asie mineure » (sic) – un clic pour agrandir.

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La fiche de Jean Pétridis « né à Constantinople, Département : Turquie » (sic) – un clic pour agrandir.

Ces « Grecs indéterminés », fruit d’une histoire qui n’a même plus de mots pour les décrire. Frontières mouvantes, enracinements millénaires auxquels ne correspond aucune donnée administrative… Le règne de « l’indéterminé » est peut-être une constante de l’histoire hellénique et nous en avons ici un bel exemple.

Prenons Nicolas Micropoulos, dont on lit qu’il est né en 1908  « à Conia [sic] Asie mineure », mort entre le 1er septembre 1939 et le 25 juin 1940 et dont le registre nous dit que sa nationalité est : « indéterminée ».

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– un clic pour agrandir.

Au titre des « indéterminés » citons encore Solon BOYADJIDAKIS, mort pour la France le 25 janvier 1945 à Dacfran (Allemagne), « né(e) le/en 30-01-1893 à Smyrne (Asie (pays indéterminé)) [re-sic] ». Ou comment une base de données administrative se perd parfois, quand il s’agit de donner un nom au pays d’origine d’un Grec d’Anatolie né à la fin du 19ème siècle (d’autres registres indiquent « Asie mineure », d’autres « Turquie », ladite Turquie n’existant pas alors, s’agissant de l’Empire ottoman).

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Extrait de la base des militaires décédés pendant la Seconde Guerre mondiale – fiche informatisée de Solon BOYADJIDAKIS – un clic pour agrandir.

Et puis, il y a ces histoires atypiques et compliquées, comme celle du légionnaire Panayiotis ANAGNATOPOULOS, d’origine grecque mais né en 1902 à Philadelphie en Pennsylvanie, aux Etats-Unis, engagé volontaire étranger mort entre le 1er septembre 1939 et le 25 juin 1940.

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– un clic pour agrandir

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Certains noms ne figurent que dans des listes, sans fiche individuelle – extrait de la base des engagés volontaires étrangers entre le 1er septembre 1939 et le 25 juin 1940 – un clic pour agrandir.

Pour exhumer quelques noms au hasard des archives de ces morts pour la France, un biais : la recherche par les suffixes « poulos », « akis », « akos », « idis » que l’on retrouve dans nombre de noms grecs – ce qui élimine malheureusement les autres noms de la recherche. Les prénoms et lieux de naissance faisant le reste.

Que leur simple lecture soit la forme d’un hommage rendu.

Qu’on ne les oublie jamais quand on songe aux relations franco-grecques.

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Le site « Mémoire des hommes » – recherche dans la base nominative – un clic pour agrandir.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/recherche_transversale/bases_nominatives.php

PL

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Publié dans γ / Histoire Ιστορία

Découvrir la littérature grecque grâce à Emile Legrand

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Peu de philhellènes connaissent Emile Legrand (1841-1903).

On lui doit pourtant, avec d’autres comme le grec Constantin Sathas (1842-1914), d’avoir fait découvrir aux Français du 19ème siècle des pans entiers de la littérature grecque. En traduisant ou en éditant des textes allant du Moyen âge (comme l’épopée de Digénis Akritas) jusqu’à son époque.

Son principal mérite est d’avoir su sortir de la fascination monomaniaque pour la Grèce ancienne qui hantait la plupart de ses contemporains. Une fascination qui a forgé cette image parcellaire de la culture grecque, totalement déséquilibrée, limitée à l’antiquité classique, causant cette ignorance crasse, palpable encore aujourd’hui, pour tout ce que la grécité a produit au Moyen âge et aux époques plus récentes.

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Grâce à Internet, l’oeuvre d’Emile Legrand se perpétue.

Ses traductions, libres de droit, sont faciles à trouver sur la toile (au format .pdf notamment), gratuitement. Elles comportent souvent une reproduction du texte grec sur lequel elles se fondent.

Il est bien sûr important de faire travailler les traducteurs modernes, qui font vivre cet intérêt pour la culture grecque, écrivent dans un langage qui nous est plus familier et disposent de davantage de sources que leurs prédécesseurs du 19ème siècle.

Mais pour qui veut s’initier à la littérature grecque médiévale, le travail d’Émile Legrand – on trouve parfois son nom sous la forme truculente Αιμύλιος Λεγράνδιος dans les éditions en langue grecque qu’il a préfacées – offre une première approche très accessible.

Nombre de ses traductions figurent dans la collection intitulée « Collection de monuments pour servir à l’étude de la Langue Néo-Hellénique ».

On peut suggérer une recherche sur ANEMI, la remarquable bibliothèque en ligne de l’Université de Crète, avec les items « Collection de monuments pour servir à l’étude de la Langue Néo-Hellénique » ou « Emile Legrand » :

http://anemi.lib.uoc.gr/search

Si vous passez par le cimetière du Montparnasse, ayez une pensée devant la tombe d’Emile Legrand.

En attendant, à vos liseuses, tablettes ou ordinateurs pour découvrir la littérature grecque médiévale. Entre autres…

PL

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Publié dans α / Littérature Λογοτεχνία, ε / Moyen Âge grec Culture romaïque - gréco-romaine - "byzantine" Ελληνικός Μεσαίωνας Ρωμιοσύνη Ελληνορωμαϊκός "Βυζαντινός" πολιτισμός

BD grecque : « 1453 »

1453 cover

« 1453 », la couverture. Dans le fond, la basilique Sainte-Sophie de Constantinople, encore chrétienne, avant qu’elle ne soit transformée en mosquée par le conquérant de la ville. Avec l’autorisation des éditions Anubis – un clic pour agrandir.

Constantinople, Constantiniye, Istanbul.

Le 29 mai 1453 la capitale de l’Empire romain d’Orient, ou Empire « byzantin », tombe entre les mains du Sultan ottoman Mehmet II.

Cette date exerce encore sa fascination. Chez les Grecs modernes, descendants directs des « Byzantins » – qui s’appelaient eux-mêmes « Romains » et avaient le grec, qui pour langue maternelle, qui pour langue véhiculaire.

Mais aussi en Turquie: en témoignent le film turc « Fetih 1453 » (« la conquête 1453 ») sorti en 2012, tout à la gloire du conquérant ottoman, ou encore la fanfare Mehter qui célèbre la conquête de la ville tous les 29 mai à Istanbul.

La BD ne pouvait pas être en reste.

Deux Grecs, le dessinateur Nikos Pagonis et le scénariste Orestis Manousos, ont proposé dès 2008 l’adaptation en bande dessinée de la prise de celle que les Grecs nomment encore « la Ville » (η Πόλης, i pOlis).

Le graphisme de « 1453 » rappelle sensiblement l’univers des jeux vidéos d’alors.

La BD se lit comme un sympathique scénario d’action, marqué par l’exotisme d’une époque méconnue.

Elle regorge de références historiques.

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Aux couleurs de la Sérénissime, Nikiphoros Kallérgis arrive à Constantinople. Avec l’autorisation des éditions Anubis – un clic pour agrandir.

Le lecteur est invité à suivre les traces de Nikiphoros (Nicéphore) Kallérgis, un jeune archer crétois au service de la République de Venise, qui possède alors la Crète. Nikiphoros décide de rester défendre Constantinople avec ses compagnons d’armes. Le nom de « Kallérgis » est sans doute un clin d’oeil du scénariste. Ce patronyme prestigieux revient souvent à travers les siècles dans l’histoire de la Crète et de la Grèce (jusqu’au 20ème siècle, via la figure controversée de Richard Nikolaus de Coudenhove-Kalergi).

Nikiphoros découvre une ambiance de fin de règne, et une cité qui n’est plus que l’ombre d’elle même, détruite deux siècles plus tôt par les Chrétiens d’Occident, comme il le rappelle au détour d’une page.

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Déspina, la jeune Génoise, en moniale orthodoxe. Avec l’autorisation des éditions Anubis – un clic pour agrandir.

Il y croise des portraits qui brossent le contexte: la fille d’un commerçant génois qu’il sauve du lynchage (une  brève allusion aux sanglantes tensions qui émaillent l’histoire tardive de l’Empire byzantin, entre la population byzantine et les commerçants génois souvent privilégiés par un pouvoir byzantin corrompu), ou encore un religieux plus obsédé par les querelles entre catholiques et orthodoxes que par la défense de la ville, sans oublier Giovanni Giustiniani, encore un Génois qui, sans l’appui de la République de Gênes, se porta volontaire avec 400 Génois et 300 Grecs des îles de la mer Egée pour secourir la Ville (espérant, dit-on, se voir attribuer l’île de Lemnos en échange) et y mourut. Enfin Constantin XI Paléologue, le dernier « Basileus » (en grec « Βασιλεύς », « Roi », le titre des Empereurs byzantins).

La BD nous épargne les trois jours et nuits de pillages et d’atrocités qui suivront la fin du siège et la mise en esclavage de ses 25.000 derniers habitants, tout en y faisant une cruelle allusion.

page 107 (105)

L’assaut des troupes ottomanes. Dans « 1453 » les Ottomans sont principalement appelés « Αγαρηνοί » (Agarini), nom par lequel les Byzantins désignaient souvent les Musulmans. Avec l’autorisation des éditions Anubis – un clic pour agrandir.

 

page 113 (111)

La charge du Basileus. Avec l’autorisation des éditions Anubis – un clic pour agrandir.

Au final une bonne petite BD. Le sujet à lui seul justifie le détour.

A ce jour l’album « 1453 » n’a pas été traduit en français.

1453
ISBN13    9789603066743
Εditeur    ANUBIS
Décembre 2008
140 pages

Tous nos remerciements aux éditions Anubis et à leur maison mère Compupress qui nous a fourni les planches publiées.

PL

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BD grecque en français: « Nom de Zeus » la crise grecque vue de l’Olympe

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« Nom de Zeus » la crise grecque vue de l’Olympe. Hermès aux côtés de Zeus brandissant un « mémorandum », nom donné en Grèce aux plans d’austérité. Avec l’autorisation des éditions M’Edite – un clic pour agrandir.

Enfin un livre sur la crise grecque qui ne risquera pas de vous servir de cale meuble.

Les publications se multiplient, plus ou moins inspirées, plus ou moins documentées, qui prétendent chacune avoir trouvé « la » cause – historique, sociologique, politique – de la crise de la dette hellénique et rarement évidemment, « la » solution.

Si vous préférez le rire aux prophètes du passé, « Nom de Zeus » est fait pour vous.

Imaginez l’Olympe ruiné par les dieux contraints de prendre des mesures plus catastrophiques les unes que les autres, comme réduire la vie des mortels, taxer les figures les plus connues de la mythologie grecque… tout cela pour servir une dette impossible à rembourser.

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Maintenant vous savez pourquoi les 300 n’étaient que 300 aux Thermopyles. Avec l’autorisation des éditions M’Edite – un clic pour agrandir.

En proposant une allégorie déjantée de la crise, « Nom de Zeus » (initialement publié en Grèce sous le titre “Θεοί σε κρίση”, “Dieux en crise”) revisite les légendes et l’histoire grecques. Du cheval de Troie aux oracles de la Pythie, en passant par Jason et la Toison d’or, la bataille des Thermopyles, le Minotaure, Dédale et Icare… Sans parler d’Hadès, le dieu des enfers, qui fait grève par opposition aux mesures d’austérité, contraignant les mortels à ne pouvoir mourir…

Le tout animé par des dieux de l’Olympe très tendance, qui déclenchent la rage des humains, orateurs et philosophes en tête, en lutte pour arracher la démocratie et la civilisation des griffes du « Dieu national monétaire » venu prodiguer ses bons conseils.

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La dette… Avec l’autorisation des éditions M’Edite – un clic pour agrandir.

C’est une révolte ? Non, Sire, c’est une révolution. Mais chut ! Ne « spoilons » pas. Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé…

George Melissaropoulos alias Meliss est l’auteur de cet opus publié en français par les éditions Médite.

Il travaille aussi pour le dessin animé, et cela se ressent : le rythme est effréné, les cadrages et les dialogues rappellent incontestablement le monde du dessin animé.

La traduction française est bien menée, et ne se prive pas de quelques allusions franco-françaises.

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A Delphes la Pythie se fait du souci. Avec l’autorisation des éditions M’Edite – un clic pour agrandir.

 

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Avec l’autorisation des éditions M’Edite – un clic pour agrandir.

Meliss a construit un récit facile et sans prétention qui se lit à plusieurs degrés.

« Nom de Zeus » circulera de mains en mains bien avant de rejoindre votre bibliothèque. On y trouvera quelques clins d’oeils à la vie politique grecque  (comme le fameux « λεφτά υπάρχουν », « il y a de l’argent » que les Grecs reconnaîtront), sans qu’il soit  pour autant indispensable d’avoir la moindre connaissance en la matière pour apprécier la BD.

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Héra dans « Lysistrata » d’Aristophane. Avec l’autorisation des éditions M’Edite – un clic pour agrandir.

Les éditions M’édite proposent une offre intéressante pour qui enseigne ou apprend le grec, pour les bilingues ou encore pour qui veut simplement pouvoir apprécier le travail du traducteur : pour 20 euros TTC, un « Pack » avec la version originale grecque ΘΕΟΙ ΣΕ ΚΡΙΣΗ en fichier PDF et la version française en version papier (laquelle est disponible seule pour 17,9 € TTC).

La couverture de l'original grec "Θεοί σε κρίση" - "Dieu en crise". Avec l'autorisation des éditions Médite - un clic pour agrandir.

La couverture de la version originale en grec « Θεοί σε κρίση » – « Dieux en crise » – un clic pour agrandir.

Pour ceux qui souhaitent encore fêter Noël après Noël, avec les dieux pluriels.

 

Merci aux éditions M’édite (la maison du dictionnaire) pour nous avoir fourni les planches.

Nom de Zeus… La crise grecque vue de l’Olympe
Editeur :  M’édite (la maison du dictionnaire)
septembre 2015
88 pages
ISBN-10: 2856083110
ISBN-13: 978-2856083116

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L’héritage de l’architecte Candilis, à Paris… et à Pau!

Un séminaire sur l’architecte grec Georges Candilis se tiendra à la Fondation hellénique, à la Cité universitaire internationale de Paris, le 27 novembre 2015, en coopération avec l’Université de la Sorbonne.

Georges Candilis, grec né à Bakou (Azerbaïdjan), gagne la France en 1945 après des études à Athènes.

Il travaille avec Le Corbusier avant de rejoindre la « Team ten », un groupe d’architectes dont la volonté était justement de rompre avec  leurs prédécesseurs, dont Le Corbusier. Candilis en sera l’un des principaux organisateurs et chefs de file.

Ce que l’on sait peu, à Pau, c’est que ce nom de l’architecture d’après-guerre a également œuvré dans la capitale béarnaise.

Il est l’architecte de l’immeuble qui se trouve encore aujourd’hui au 4, boulevard des Pyrénées.

Un immeuble bâti en 1966.

L’architecture des années 60 ne plaît pas nécessairement à tout le monde… Mais pour les passionnés de l’histoire de l’architecture du 20ème siècle, c’est à savoir.

La plaquette du séminaire.

La plaquette du séminaire – un clic pour agrandir.

La plaquette du séminaire (suite) – un clic pour agrandir.

Et si vous êtes vraiment fan d’architecture, un lien pour plus de détails sur l’immeuble en question:  http://www.pss-archi.eu/immeubles/FR-64445-29034.html

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Le grec sifflé s’invite à l’Université de Pau! – Η ελληνική σφυριχτή γλώσσα στο Πανεπιστήμιο του Πω!

bearngreceUne présentation du langage sifflé du village d’Aas, en Béarn, aura lieu le mercredi 18 novembre à 18h30, à l’amphi 3 de la Faculté de Lettres de Pau.

A cette occasion le langage sifflé du village grec d’Antia, dans le sud de l’île d’Eubée, sera également évoqué.

Comme nous l’explique M. Gérard Pucheu, de l’association « Lo siular d’Aas » (« le siffleur d’Aas » en béarnais), un siffleur béarnais auquel on fait lire des mots grecs en transcription « phonétique » est capable de prononcer les mots grecs en langage sifflé et de se faire comprendre des siffleurs grecs du village d’Antia, et inversement.

Cela ne signifie pas que le siffleur béarnais comprenne le sens des mots grecs en langage sifflé s’il ne parle pas grec, mais il est capable de les restituer dans ce langage.

Les deux systèmes grec et béarnais fonctionnent de la même manière. Ils sont fondés sur le même système simplifié de restitution des voyelles et des consonnes.

Rendez-vous donc à la Fac de Pau.

Liens utiles :

Le site de l’association « Lo siular d’Aas » : http://sibilinguae.blog4ever.com

Le site internet du village grec d’Antia qui présente sa langue sifflée : http://sfyria.com (en grec)

Si vous voulez dire Kaliméra (bonjour) en langage sifflé, c’est ici : http://sibilinguae.free.fr/3kalimera.mov

– –

Στις 18 Νοεμβρίου, στο Πανεπιστήμιο του Πω, θα παρουσιασθεί η σφυριχτή γλώσσα του χωριού Αάς, στο Μπεάρν (νοτιοδυτική Γαλλία).

Με την ευκαιρία αυτή θα γίνει αναφορά και στην σφυριχτή γλώσσα του ελληνικού χωριού Αντιά, στην νότια Εύβοια.

Όπως μας το εξήγησε ο Κύριος Ζεράρ Πυσέ, του συλλόγου « Lo siular d’Aas » (« ο σφυριχτής του Αάς » στα μπεαρνέζικα), ένας μπεαρνέζος σφυριχτής που διαβάζει ελληνικές λέξεις σε « φωνητική » μεταγραφή είναι σε θέση να προφέρει τις ελληνικές λέξεις στην σφυριχτή γλώσσα, και να γίνει κατανοητός απο τους έλληνες σφυριχτές, και αντίστροφα.

Αυτό δεν σημαίνει ότι ο μπεαρνέζος σφυριχτής καταλαβαίνει το νόημα των ελληνικών λέξεων στην σφυριχτή γλώσσα αν δεν μιλά ελληνικά, αλλά μπορεί να τις αποδώσει στην γλώσσα αυτή.

Τα δυο συστήματα, το ελληνικό και το μπεαρνέζικο, λειτουργούν με τον ίδιο τρόπο. Βασίζονται στο ίδιο απλοποιημένο σύστημα απόδοσης των φωνηέντων και των συμφώνων στην σφυριχτή γλώσσα.

Σας δίνουμε ραντεβού στο Πανεπιστήμιο του Πω.

Χρήσιμες συνδέσεις :

Ο ιστοχώρος του συλλόγου « Lo siular d’Aas »: http://sibilinguae.blog4ever.com

Ο ιστοχώρος του ελληνικού χωριού Αντιά που παρουσιάζει την σφυριχτή του γλώσσα : http://sfyria.com/

Για να πείτε καλημέρα στην σφυριχτή γλώσσα, κάντε κλικ εδώ : http://sibilinguae.free.fr/3kalimera.mov

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