L’histoire de l’Acropole d’Athènes en images

(simple mise en ligne de notes datant du début des années 2000, pour une première approche du sujet, les sources ne sont pas citées sauf pour les illustrations – voir aussi l’excellent travail de reconstitution en 3D du site ancientathens3d.com en grec et en anglais)

Avant le Parthénon | | La construction du Parthénon | Le Parthénon pendant la période romaine | | Le Parthénon transformé en église | Le Parthénon sous les Croisés | | Le Parthénon sous les Ottomans et sa destruction | | Le Parthénon à l’époque moderne |

Le Parthénon fut érigé au Ve siècle avant J.-C. à la gloire de la déesse Athéna, protectrice de la ville d’Athènes.

L’ « Acropole » est le nom de la colline sur laquelle il fut bâti. En plus du Parthénon, de nombreux autres temples furent construits sur l’Acropole dont l’Erechteion, connu pour ses célèbres Cariatides.

L’histoire du Parthénon montre aussi ce que fut l’histoire du peuple grec depuis plus de 2.000 ans. Il y a en fait deux façons de voir l’histoire de l’Acropole : en se limitant à l’antiquité, où en explorant les siècles où, sans en être endommagé pour autant, il continua sa fonction de bâtiment religieux en tant qu’église, les siècles où il fut entouré de tours de garde aujourd’hui disparues, les siècles enfin où il fut détruit – par l’ action combinée des Vénitiens et des Turcs ottomans -, puis pillé, les siècles enfin où il connut les combats les plus acharnés de la guerre d’indépendance grecque.
Pris sous cet angle, le Parthénon résume toute l’histoire des Grecs.
parthenon

Le Parthénon – Photo P.L.

Reconstitution sur gravure publiée dans le « Recueil de cartes géographiques, plans, vues et médailles de l’ancienne Grèce relatifs au voyage du jeune Anarchasis » de Jean Jacques Barthélémy (vol. 8) en 1788. -un clic pour agrandir

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Le plan du Parthénon, publié dans le même ouvrage. -un clic pour agrandir

Avant le Parthénon

Il est généralement admis que dès 1900 avant J.-C., les premiers habitants de la ville d’Athènes, vouaient déjà un culte à Athéna, déesse de la sagesse et de la guerre. La colline de l’Acropole était considérée comme un rocher sacré destiné au culte des Dieux.

En fait, il existe des acropoles ailleurs qu’à Athènes car le terme « Acropole » désigne simplement une « ville haute » (acrOpolis en grec) ; plusieurs collines du même genre ont pris le nom d’Acropole tandis que l’on y construisit des temples : on en trouve aujourd’hui à Lamia ou encore à Rhodes, où malheureusement il ne reste plus rien des temples antiques – ils furent remplacés par des forteresses, catalane à Lamia et des Templiers à Rhodes.

Avant que ne soit construit le Parthénon, plusieurs temples avaient déjà été édifiés à son emplacement. Entre 1900 avant J.-C. et 479 avant J.-C., un palais et plusieurs petits temples à la gloire d’Athéna avaient été construits sur l’Acropole, et la colline commençait à être fortifiée et garnie de remparts. Un temple que l’on a appelé plus tard Proparthénon avait même été construit à l’emplacement exact du Parthénon actuel.

Pendant l’été -479, durant la guerre qui opposait les Perses et les Grecs, les Perses occupèrent la ville d’Athènes et la détruisirent entièrement, y compris les monuments qui se trouvaient sur l’Acropole. Les Grecs sortirent finalement vainqueurs de cette guerre, après les batailles de Salamine et de Platées et chassèrent les Perses des territoires grecs d’Europe.

La construction du Parthénon

Après leur victoire les Athéniens décidèrent de reconstruire entièrement les temples détruits par les Perses. Ils commencèrent par reconstruire les remparts autour de la colline de l’Acropole. Puis le général et homme politique grec Périclès, décida de construire un ensemble de temples et d’oeuvres d’art dédiés à Athéna en employant les meilleurs artistes du moment : les grands architectes Iktinos et Callicratès et, pour les sculptures, le sculpteur Phidias.

Ils commencèrent par construire le Parthénon en 447 avant J.-C.. Le temple fut achevé en 438 avant J.-C.. Il fut donc construit en 11 ans; ensuite furent bâtis les autres temples (ainsi qu’un théâtre aux pieds de l’Acropole). La période à laquelle il fut achevé était la plus brillante de la civilisation grecque et athénienne classiques, le fameux « siècle de Périclès», riche en oeuvres d’arts, en philosophes, en écrivains et en savants.

Les ruines du théâtre de Dionysos, vues de l’Acropole.

Les ruines du théâtre de Dionysos, vues de l’Acropole. un clic pour agrandir

Le Parthénon repose sur des colonnes dites doriques. Il était peint en partie et entouré de très nombreuses sculptures. Il renfermait une statue monumentale en or et en ivoire de la déesse Athéna et ses frontons, au dessus des colonnes, comportaient de nombreuses fresques sculptées réalisées par les ateliers de Phidias.

Les Grecs anciens considéraient que le Parthénon avait atteint la perfection du point de vue de l’architecture. Sa base est légèrement voûtée au lieu d’être droite, pour ne pas lui donner un air trop rigide; par effet d’optique, cela ne se voit pas à l’oeil nu.

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Les Cariatides, sur l’Erechteion – Photo P.L. un clic pour agrandir

Le Parthénon pendant la période romaine

Quand les Romains envahirent la Grèce, ils prirent la ville d’Athènes en 86 avant J.-C. et endommagèrent quelques temples pendant le siège, mais pas le Parthénon. D’une manière générale les Romains respectaient la culture et les dieux grecs. Le premier poète romain était sans doute un Grec de la « Grande Grèce » (sud de l’Italie actuelle). Pendant la période romaine Athènes s’enrichit de nombreux monuments dont certains sont visibles aujourd’hui (la porte d’Adrien, le théâtre d’Hérode Atticus etc.). Il ne s’agit pas pour autant de monuments purement romains, mais souvent l’oeuvre de Grecs : les artistes grecs continuaient à travailler et à essaimer dans le monde romain.

Le théâtre d’Hérode Atticus de l’époque romaine, vu de l’Acropole, à droite du théâtre de Dionysos. -Photo P.L

Le théâtre d’Hérode Atticus de l’époque romaine, vu de l’Acropole, à droite du théâtre de Dionysos. -Photo P.L un clic pour agrandir

La fonction du temple changea quand les Grecs devinrent chrétiens. Il resta en très bon état jusqu’au 17ème siècle où il fut très endommagé par les différents conquérants qui envahirent et occupèrent la Grèce :

Le Parthénon transformé en église

L’empire romain finit par se diviser en Empire romain d’orient et Empire romain d’occident. Le Grecs faisaient partie de l’Empire romain d’Orient qui peu à peu fut culturellement et politiquement dominé par l’élément grec; ce n’est que plus tard que les historiens parleront «d’Empire byzantin ».

On pense qu’au 3ème siècle, une attaque de la tribu germanique des Hérules entraîna l’incendie du Parthénon et la destruction de sa toiture d’origine. D’autres hypothèses ont été avancées sur l’origine de cette destruction.

Peu à peu, la religion chrétienne devint la religion des Grecs et remplaça la religion polythéïste. Athéna n’était donc plus vénérée et en 429 après J.-C., l’Empereur Théodose interdit la religion polythéïste et plusieurs temples ou symboles de l’ancienne religion furent détruits. Le Parthénon, lui, ne fut pas trop endommagé mais  cessa d’être utilisé en tant que temple païen.

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Le mont Lycabette, vu de l’Acropole – au sommet du mont se trouvent un monastère et un restaurant. -Photo PL un clic pour agrandir

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Une vue d’Athènes depuis l’Acropole (au loin le stade kalimArmaro, et les colonnes du temple de Zeus Olympien). – Photo PL un clic pour agrandir

En 630 après J.-C., il fut « transformé » en église et devint l’église de Sainte Sophie puis l’église de la vierge Marie (dans la droite ligne de sa fonction première puisque « parthénos » désignait déjà la virginité de la déesse Athéna). En réalité il garda ses sculptures et sa structure d’origine, le monument fut respecté dans son intégrité tout en conservant sa vocation de lieu de culte, chrétien cette fois ci. Il resta l’un des temples grecs les mieux conservés.

Le Parthénon sous les Croisés

Les Croisés – en fait les Latins, appelés « Francs »/ »FrAngki » par les Grecs -, surtout les Vénitiens, s’attaquèrent à l’Empire byzantin pour des raisons commerciales ou politiques; le point d’orgue de cette confrontation fut la prise de Constantinople en 1204. Ils s’emparèrent également d’Athènes et transformèrent l’église orthodoxe du Parthénon en église catholique. Des tours de défense furent construites sur l’Acropole qui servait désormais de citadelle.

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La « tour franque » avant sa démolition au 19ème siècle (image Wiki media) -un clic pour agrandir

Le Parthénon sous les Ottomans

Le Parthénon transformé en mosquée

En 1458, les Ottomans qui avaient envahi les terres grecques prirent l’Acropole aux vénitiens et transformèrent le Parthénon en mosquée en lui ajoutant des minarets, comme ils le firent sur de nombreuses églises chrétiennes.

Le Parthénon explose pendant la guerre turco-vénitienne.

Le bombardement du Parthénon par les Vénitiens - il avait été transformé en mosquée par les Ottomans et servait de poudrière aux troupes ottomanes, lors de la guerre turc-vénitienne. Gravure vénitienne du 17ème siècle. Image tirée de la double page d'un livre du 19ème siècle.

Le bombardement du Parthénon par les Vénitiens – il avait été transformé en mosquée par les Ottomans et servait de poudrière aux troupes ottomanes, lors de la guerre turc-vénitienne. Gravure vénitienne du 17ème siècle. Image tirée de la double page d’un livre du 19ème siècle « Athènes aux XVe XVIe et XVIIe siècles par le Cte de Laborde »-un clic pour agrandir

En 1686, eut lieu la plus grande dégradation du Parthénon. Une autre guerre opposait les Turcs ottomans et les Vénitiens. Les Turcs ottomans placèrent de la poudre à canon dans le Parthénon qu’ils utilisaient alors comme poudrière. Au cours d’une bataille, les vénitiens tirèrent au canon sur le Parthénon. L’obus entra par le toit et explosa en plein coeur du dépôt de poudre à canon. Le Parthénon explosa. C’est ce qui explique son état de ruine, alors que jusqu’en 1686 il était encore en très bon état de conservation puisqu’il conservait son toit et était un des temples grecs les mieux conservés.

Pour couronner le tout, le général vénitien Morosini déroba plusieurs sculptures sur l’Acropole, dans la lignée de Vénitiens qui depuis 1204 et le sac de Constantinople ne cessaient d’enrichir Venise des trésors pillés en terre grecque.

Diverses dégradations de l’Acropole.

Une fois les Vénitiens repartis, les Turcs ottomans reconstruisirent une petite mosquée à l’intérieur du Parthénon à moitié détruit, au milieu des colonnes en ruine. Puis ils détruisirent partiellement tous les temples qui entouraient le Parthénon en se servant des pierres pour construire des remparts ou d’autres bâtiments. Ils détruisirent complètement le temple d’Athéna Nikè.

Malgré les destructions de la guerre turco-vénitienne, le Parthénon conservait de nombreuses frises qui seront plus tard enlevées par Lord Elgin. Double page du

Frises du Parthénon. Double page du « Recueil de cartes géographiques, plans, vues et médailles de l’ancienne Grèce relatifs au voyage du jeune Anarchasis » de Jean Jacques Barthélémy (vol. 8) publié en 1788. -un clic pour agrandir

Le pillage du Parthénon par Lord Elgin

Les Turcs ottomans autorisèrent également un ambassadeur anglais, Lord Elgin, à arracher toutes les sculptures qui étaient placées sur le Parthénon, au dessus des colonnes; il enleva également d’autres oeuvres d’Art situées sur l’Acropole. Elles se trouvent depuis lors au British Museum depuis 1816.

Aquarelle de Panagis Zografos commandée par le Général Makriyiannis: l'Acropole pendant les siège de la guerre d'indépendance; on distingue au centre du Parthénon, la mosquée construite par les Turcs, à gauche la tour de défense construite par les Vénitiens. Devant, le théâtre Hérode Atticus.

Aquarelle de Panagis Zografos commandée par le Général Makriyiannis: l’Acropole pendant les siège de la guerre d’indépendance; on distingue au centre du Parthénon, la mosquée construite par les Turcs, à gauche la tour de défense construite par les Vénitiens. Devant, le théâtre Hérode Atticus. -un clic pour agrandir

Aujourd’hui encore les Grecs réclament que les sculptures directement arrachées au temple reviennent en Grèce mais les Britanniques refusent de les restituer. Les employés du British Museum les auraient abîmées en voulant leur donner un aspect plus lisse qui à présent les fait ressembler à des sculptures romaines et non plus grecques.

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Une vue du quartier de Plaka depuis l’Acropole. – Photo P.L -un clic pour agrandir

Le Parthénon au cours des sièges entre Grecs et Turcs ottomans.

En 1821, les Grecs se révoltèrent contre l’Empire ottoman. Ils assiégèrent l’Acropole pour en déloger les troupes ottomanes, mais celles-ci le reprirent en 1827, après un autre siège au cours duquel leur artillerie détruisit de nombreux éléments de certains temples de l’Acropole comme l’Erechteion. En 1829, une partie de la Grèce put devenir indépendante, mais les Grecs ne récupérèrent Athènes, qui n’était qu’une bourgade de 5.000 habitants, qu’en 1833.

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Le drapeau grec sur l’Acropole Photo P.L – un clic pour agrandir

Le Parthénon à l’époque moderne.

Quand les Grecs reprirent Athènes, ils décidèrent d’en faire la capitale de leur Etat, et proclamèrent tous les temples de l’Acropole monument national. Depuis cette date, le monument sera préservé et restauré. On détruisit une partie des édifices que les conquérants successifs avaient construits autour, en essayant de rendre à l’Acropole son apparence initiale.

On raconte que lors de l’invasion de la Grèce par l’Allemagne nazie, et alors que les soldats allemands se trouvaient dans Athènes, le soldat grec Konstandinos Koukidis, chargé de garder le drapeau grec qui flottait alors sur l’Acropole se serait enroulé dans celui-ci et se serait jeté du haut de la falaise – le 27 avril 1941.

Plusieurs archéologues grecs et français, allemands et britanniques travaillèrent sur l’Acropole. Il reste le symbole d’une période importante de la civilisation grecque et appartient au patrimoine mondial de l’humanité.

Aujourd’hui les Grecs entreprennent de préserver leur patrimoine et comptent parmi les meilleurs spécialistes en matière de restauration et de préservation des œuvres anciennes.

Ouvrier sur l’Acropole, 1998. Photo P.L.

Ouvrier sur l’Acropole, 1998. Photo P.L. – un clic pour agrandir

En juin 2009, en contrebas de l’Acropole, était inauguré le musée de l’Acropole, oeuvre de l’architecte Bernard Tschumi. Le caractère novateur de son design intérieur est unanimement reconnu, tandis que le mariage de son architecture extérieure avec son environnement immédiat est parfois contesté.

dernière modif. 2015

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